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Projet de train de Bombardier en Afrique du Sud : « Madame anti-corruption » enquête

Written By Unknown on Kamis, 02 April 2015 | 16.05

Le reportage de Marie-Maude Denis

Exclusif - CBC a appris que la Médiatrice de la République d'Afrique du Sud, Thuli Madonsela, enquête pour savoir si des « pots-de-vin » ont été payés dans le cadre d'un projet de train de 3 milliards, un contrat accordé à un consortium dont Bombardier fait partie. Thuli Madonsela joue un rôle d'ombudsman en Afrique du Sud, où les médias la surnomment « Madame anticorruption ». Bombardier assure collaborer et nie toute malversation.

L'enquête de Thuli Madonsela tente de confirmer les articles de certains médias, qui ont rapporté que des commissions de plusieurs millions de dollars ont été payées dans le cadre du projet Gautrain. Un train rapide de 80 kilomètres qui relie Johannesburg et Pretoria, et dont la construction s'est achevée en 2012.

Thuli Madonsela élargira aussi son enquête aux nouvelles révélations de nos collègues de la CBC. Ils ont interviewé Peter-Paul Ngwenya, qui soutient qu'une entente secrète a été négociée par Bombardier pour lui verser une commission de 5 millions de dollars américains. Un intermédiaire qui se décrit lui-même comme une personne influente dans les milieux politiques en Afrique du Sud.

« Il y a quelque chose de complètement disproportionné dans ce genre de paiement », dit Paul Hoffman, un avocat à l'Institute for Accountability in Southern Africa, une ONG qui milite pour plus d'imputabilité en Afrique.

« On ne distribue pas ce genre de commissions à des gens qui n'y ont pas droit. Cela réduit la rentabilité d'un projet et cela peut mener à des pots-de-vin et de la corruption. Cette entente semble empester cela. » — Paul Hoffman, avocat

En entrevue à CBC, Thuli Madonsela a déclaré qu'elle avait reçu une plainte qui jette un doute sur le remboursement de certains dépassements de coût. Elle examine maintenant l'ensemble du projet. « Il y a des allégations d'ingérence politique », dit-elle. « Lorsqu'il y a des allégations d'ingérence politique, nous enquêtons pour savoir s'il y a des gratifications suspectes, ce que vous appelez des pots-de-vin dans votre pays », a-t-elle précisé.

Bombardier a refusé la demande d'entrevue de CBC. Dans un courriel dans lequel l'entreprise affirme ne pas avoir été mise au courant de la tenue d'une enquête, Bombardier assure que « si nous sommes invités à participer à l'enquête de la Médiatrice de la République, nous offrirons notre entière collaboration ».

L'intermédiaire raconte sa version des faits

CBC a obtenu des documents qui démontreraient que Bombardier a conclu une entente secrète en 2010. Cette entente aurait eu pour effet d'accorder une commission de près de 5 millions de dollars à un intermédiaire basé en Afrique. Selon Ngwenya, ce contrat a été rédigé après qu'il eut menacé d'entacher la réputation de Bombardier en rendant publiques des informations compromettantes.

Pour la première fois, cet intermédiaire, Peter-Paul Ngwenya, a parlé en détail de cette entente à nos collègues de CBC. Il soutient que Bombardier lui doit plus de 6 millions de dollars pour son aide qui aurait, selon lui, mené à l'obtention du contrat de train. L'argent, dit-il, devait lui être versé par l'entremise d'un autre intermédiaire, l'homme d'affaires tunisien Youssef Zarrouk. Des médias sud-africains ont rapporté que Zarrouk a reçu une commission de 35 millions de dollars de Bombardier.

« C'est une entreprise de tricheurs. [Bombardier] est dirigée par des voyous, des croches, des gens qui n'honorent pas leurs promesses écrites. » — Peter-Paul Ngwenya, en entrevue avec la journaliste Diana Swain

Bombardier soutient ne rien devoir à Ngwenya

« Comme nous l'avons affirmé à plusieurs reprises, Bombardier n'a jamais eu d'entente pour les services de M. Ngwenya », a écrit la firme dans un courriel à la CBC. « Bombardier maintient que ses allégations sont non fondées et sans aucun mérite. »

CBC a obtenu des lettres de 2009 écrites par Ngwenya dans lesquelles il menace Bombardier et exige d'être payé. Il évoque l'entreprise britannique BAE Systems, qui a été éclaboussée après une transaction d'armes entachée de corruption, dans les années 90. Il prévient Bombardier que le scandale a éclaté parce que des engagements n'ont pas été tenus.

Ngwenya ajoute : « Nous ne voudrions pas être tenus responsables de quoi que ce soit qui ferait mal à la réputation de votre entreprise ou à ses projets futurs dans cette partie du monde ».

« Je leur ai dit de régler mon cas, parce que je ne vais pas rester passif », a relaté Peter-Paul Ngwenya, en entrevue à CBC. « Cette [entente] pourrait être interprétée d'une autre façon, c'est-à-dire que nous sommes aussi impliqués dans des activités semblables à ce dont BAE [Systems] a été accusée ».

Bombardier nie les allégations

Selon d'autres documents, Bombardier a d'abord balayé du revers de la main les menaces de Ngwenya, en les qualifiant de « fausses allégations ». L'entreprise n'avait aucune volonté de payer ou de donner suite à ses doléances. « Votre référence à BAE et vos menaces à l'égard de la réputation de Bombardier sont très offensantes et complètement sans mérite », a écrit Peter Albexon, le vice-président aux ventes et au développement des affaires chez Bombardier Transport.

« Bombardier a les plus hauts standards de comportement éthique au monde », ajoute-t-il. Le cadre de haut niveau de Bombardier écrit à Ngwenya qu'il « n'a aucun contrat de quelque nature que ce soit avec Bombardier ».

La directrice des communications de Bombardier Transport, Sandy Roth, a même été plus loin en affirmant « que personne chez Bombardier n'a même rencontré Ngwenya ». Elle a déclaré n'avoir « jamais eu de contrat avec lui » et ne « jamais avoir fait affaire avec lui ». « À notre connaissance, c'était [l'agent tunisien Youssef] Zarrouk qui l'a embauché. Nous n'avons jamais eu de contact direct avec lui, non. »

Or, un an après avoir menacé Bombardier de l'éclabousser, Peter Paul Ngwenya soutient qu'il a rencontré un vice-président de l'entreprise et Youssef Zarrouk dans un hôtel de Londres. CBC a obtenu une copie de l'entente secrète qui a alors été négociée.

Ce dernier document stipule que Bombardier n'a pas eu de contact direct avec Ngwenya pour le projet Gautrain, mais précise que « pour régler ce litige de façon expéditive », il est convenu de transférer une somme non dévoilée à son agent en Afrique du Nord, qui à son tour doit verser à Ngwenya 5,3 millions de dollars américains.

Le document contient une clause de confidentialité qui prévoit que l'entente « devra rester privée et confidentielle et ne devra sous aucune circonstance être dévoilée à quiconque ». Toutefois, dans une correspondance subséquente, Ngwenya dit qu'il n'a pas été payé.

« Bombardier n'a jamais accepté de payer quelque somme que ce soit à M. Ngwenya », a écrit l'entreprise dans une déclaration à CBC. « L'entente à laquelle vous faites référence fait l'objet de procédures judiciaires en Afrique du Sud. Bombardier ne peut donc commenter davantage cette affaire. »

Drapeaux rouges

Les nouvelles révélations de CBC font suite à des articles publiés par le South Africa's M&G Centre for Investigative Journalism en 2012. Les journalistes ont rapporté que Bombardier a embauché Youssef Zarrouk, un homme d'affaires tunisien controversé, et promis de lui verser 35 millions de dollars si elle remportait le contrat pour le projet de train.

CBC a obtenu une version antérieure du contrat entre Bombardier et Zarrouk ainsi que le contrat entre Zarrouk et Ngwenya. Les deux documents font moins de 10 pages et contiennent peu de détails sur le travail qui doit être fait en échange des millions promis.

« C'est un drapeau rouge qui nous aurait interpellés », dit Peter Dent, un ancien enquêteur anticorruption à la Banque mondiale qui travaille maintenant chez Deloitte, à Toronto. Peter Dent explique qu'en général, une entreprise qui fait affaire avec un agent produit un document qui détaille très clairement ce que doit faire cet agent, pour se protéger de possibles allégations de corruption.

« C'est ce qu'on appelle le syndrome du dossier mince », ajoute-t-il. « Plus le dossier qui contient le contrat est mince, moins il y a de documentation, plus ce contrat est risqué. » Dans ce cas-ci, il n'y a pas de preuve que des pots-de-vin ont été payés, et toutes les personnes impliquées dans cette affaire le nient.

« C'est pratique courante dans plusieurs industries d'embaucher des représentants et agents dans des pays où les entreprises souhaitent faire affaire », a écrit Bombardier.

« Bombardier met en application un code de conduite strict, nous avons des mécanismes serrés de vérification internes et externes. Comme nous l'avions déjà affirmé, nous ne cautionnons pas les paiements pour obtenir des contrats. Ces pratiques sont complètement contre notre éthique et nous condamnons ce genre de comportement. » — Bombardier

Ngwenya dit aussi qu'il n'a jamais payé de pots-de-vin. Il soutient que « personne chez Bombardier ne lui a demandé de faire quoi que ce soit d'inapproprié », mais croit que ces « ententes et les millions de dollars qui changent de main semblent suspects ».

« Évidemment que je ne connais rien aux trains et que je ne suis pas ingénieur. Quelqu'un pourrait se dire que 7 millions, c'est beaucoup d'argent, et se demander ce que j'ai fait. [...] Je suis qui je suis et en raison de mes relations, c'est facile de tirer la conclusion que l'argent, que cette affaire, l'argent que j'ai reçu, je m'en suis servi pour corrompre des gens. Personne chez Bombardier ne m'a demandé de faire quoi que ce soit d'inapproprié », affirme Peter-Paul Ngwenya.


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Affaire Badawi : l'Arabie saoudite demande à Québec de se mêler de ses affaires

Exclusif - La lettre est rédigée de manière diplomatique, mais le message est sans détour : l'Arabie saoudite demande au gouvernement du Québec de se mêler de ses affaires en ce qui a trait à Raïf Badawi.

La lettre en question, datée du 10 mars 2015 et dont CBC/Radio-Canada a obtenu copie, est adressée à Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale du Québec. Elle a été transmise à ce dernier par l'ambassadeur saoudien à Ottawa, Naif Bin Bandir Al-Sudairy.

Dans cette missive qui tient sur une page, et dont copie a aussi été envoyée aux Affaires étrangères, à Ottawa, le gouvernement saoudien exprime « sa forte surprise et sa consternation vis-à-vis de ce qui est dit dans certains médias sur le cas du citoyen Raïf Mohamed Badawi et le jugement prononcé contre lui ».

Rappelons que Raïf Badawi est cet opposant et blogueur saoudien à qui le régime saoudien a infligé 50 coups de fouet en janvier dernier. Raïf Badawi a été arrêté en 2012 pour diverses infractions et notamment pour insulte à l'islam, cybercriminalité et désobéissance à son père.

Il a été condamné l'an dernier à 10 ans de prison, une amende et 1000 coups de fouet pour blasphème.

Sa situation a suscité un tollé dans le monde entier.

Au Québec, où vivent son épouse et ses enfants, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion revendiquant sa libération. Denis Coderre, le maire de Montréal, ancien ministre de l'Immigration à Ottawa, a fait de même.

En Europe, également, les députés ont qualifié la peine de M. Badawi de « cruelle » et « d'acte scandaleux ». À leur tour, ils ont adopté par une écrasante majorité une résolution dans l'espoir de le faire libérer.

Or, pour l'Arabie saoudite, ces mobilisations pour le « citoyen Raïf Mohamed Badawi » sont des « attaques » contre son royaume et contre son système judiciaire.

Dans la lettre, Riyad souligne « qu'il n'accepte aucune forme d'interférence dans ses affaires internes et rejette l'empiétement sur sa souveraineté ou la remise en question de son droit judiciaire et de son intégrité ».

Le royaume saoudien souligne aussi le fait qu'en son pays, « toutes les causes judiciaires sont traitées sans distinction ni exception ».

« Le Royaume n'accepte pas du tout quelque attaque que ce soit au nom des droits de la personne, spécialement du fait que sa constitution est basée sur la loi islamique qui garantit les droits de la personne et protège son sang, son argent, son honneur et sa dignité. » — Extrait de la lettre envoyée par l'Arabie saoudite à Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale du Québec

Riyad va même plus loin en soutenant avoir été « l'un des premiers pays à soutenir les droits de la personne et à respecter les conventions internationales en accord avec la charia ».

Pourtant, poursuit le régime saoudien dans sa lettre, en dépit des « efforts visibles et évidents » qu'il déploie pour les droits de la personne, certaines agences internationales et certains médias ont tenté de politiser et d'exploiter ces droits « selon des standards qui ne peuvent être décrits que comme étant sélectifs et partiaux et qui sont destinés à servir leurs buts politiques, ce que le Royaume ne permet ni n'accepte ».

« Une différence sérieuse d'opinions »

Selon Kyle Matthews, directeur général adjoint de l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits de la personne, l'Arabie saoudite exprime dans cette lettre que ce qui se passe à l'intérieur de ses frontières ne regarde personne d'autre qu'elle.

Cet expert ne croit pas qu'il s'agisse d'un accroissement de tension entre Riyad et Québec : « Ce n'est pas une escalade, dit Kyle Matthews, mais une manière diplomatique de dire : "Ce n'est pas de vos affaires." »

« L'Arabie saoudite est pratiquement en train de dire que le cas de ce blogueur, qui a été fouetté, est devenu une source d'embarras pour elle parce que le monde entier a repris l'histoire. Alors l'Arabie saoudite réplique et tente d'imposer le silence sur cette histoire. » — Kyle Matthews, directeur général adjoint de l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits de la personne

De l'avis de M. Matthews, il est choquant pour l'Arabie saoudite de constater à quel point le Québec a montré un front unifié pour s'opposer au sort réservé à Raïf Badawi. « L'Arabie saoudite a le sentiment qu'elle doit répondre et elle tente d'argumenter en appuyant ses dires sur des bases légales et morales ».

Kyle Matthews explique que l'argumentaire du royaume saoudien illustre à quel point il existe une sérieuse différence d'opinions entre ce qu'elle croit être juste et ce qui est convenu dans les règles internationales de respect des droits de la personne. « Ce pays dit respecter les droits de la personne pourvu qu'ils soient en conformité avec la charia; c'est un problème », affirme Kyle Matthews.

Avec les informations de Ryan Hicks

 


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Le fils d’une diplomate canadienne tué à Miami, son frère est arrêté

L'un des fils de la consule générale du Canada à Miami tué, l'autre en prison

La diplomatie canadienne est plongée dans la tourmente après que les deux garçons de la consule du Canada à Miami, Roxanne Dubé, eurent été impliqués dans une fusillade résultant d'une transaction de drogue qui a mal tourné. Jean Wabafiyebazu, 17 ans, est mort, tandis que son frère de 15 ans, Marc, a été arrêté.

Il est accusé de meurtre et d'avoir menacé un enquêteur au quartier général de la police. Le bureau du procureur n'a pas encore décidé s'il serait jugé comme un adulte ou un mineur.

Selon le Miami Herald et NBC 6, la police de Miami croit que les frères Wabafiyebazu voulaient voler des trafiquants de drogue qui se trouvaient dans la maison du secteur de Coral Way où le drame s'est produit. Ils seraient arrivés sur place dans une BMW noire portant une plaque d'immatriculation diplomatique, mais seul l'aîné de la famille serait entré dans la maison.

Les deux adolescents étaient armés, selon les sources du Miami Herald, qui soutient que la transaction à l'origine de la dispute portait sur deux livres de marijuana d'une valeur d'environ 5000 dollars.

À l'intérieur de la résidence, la situation s'est envenimée et une fusillade a éclaté. Jean Wabafiyebazu a été atteint par balle et a succombé à ses blessures plus tard dans la journée. Un des trafiquants, un adolescent de 17 ans nommé Joshua Wright, a aussi perdu la vie dans la fusillade, et un autre, Anthony Rodriguez, 19 ans, a été blessé. Ce dernier a quitté les lieux, mais a été arrêté peu après. 

Selon la police, Marc Wabafiyebazu se trouvait dans la voiture au moment de la fusillade. Il a été arrêté par la police de Miami et est actuellement détenu dans un centre de détention pour délinquants juvéniles. Il pourrait être accusé de meurtre concomitant parce que la loi floridienne prévoit cette disposition pour une personne impliquée dans un crime violent.

Radio-Canada a obtenu la déclaration écrite par les policiers de Miami dans le dossier d'Anthony Rodriguez, qui a été arrêté pour meurtre concomitant et possession de cannabis dans le but d'en faire le trafic.

On peut y lire que ce dernier est entré dans la résidence où le drame s'est produit avec deux livres de marijuana et que des négociations entre les gens présents ont commencé. « Pendant les négociations, les deux victimes ont été impliquées dans un échange de coups de feu », indique le policier.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada n'a fait aucun commentaire sur cette affaire, sinon pour dire qu'il a pris connaissance d'un incident impliquant une famille canadienne à Miami.

Pas d'immunité diplomatique

Une source au sein du ministère des Affaires étrangères a confirmé à Radio-Canada que Marc Wabafiyebazu n'a pas d'immunité diplomatique, puisque sa mère est consule, et non ambassadrice. Il peut donc être arrêté, accusé, jugé et emprisonné selon les lois floridiennes.

Un avocat criminaliste de Miami, David Edelstein, croit pour sa part que l'adolescent sera bel et bien jugé à Miami, mais indique qu'il revient au procureur chargé du dossier de déterminer s'il sera jugé comme un délinquant juvénile ou un adulte.

Selon Me Edelstein, le jeune homme sera probablement accusé de deux meurtres concomitants, soit celui de Joshua Wright, mais aussi celui de son frère. Le fait qu'il n'a vraisemblablement jamais voulu tuer son frère n'est aucunement pris en compte dans la loi floridienne, a-t-il expliqué dans une entrevue accordée à la CBC.

L'avocat floridien indique qu'il suffit que le procureur soit convaincu que le jeune homme a participé activement aux évènements qui ont mené aux décès ou qu'il savait ce qui allait se produire pour qu'il soit traduit devant les tribunaux. Le fait qu'il n'a pas appuyé sur la gâchette - si tel est le cas - ne change rien à l'affaire. 

La version d'un père bouleversé

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, le père des deux adolescents impliqués dans l'affaire, Germano Wabafiyebazu, confirme que son fils cadet est actuellement détenu par la police de Miami.

Il dit qu'il était au courant que son fils aîné, Jean, consommait de la drogue. Il s'en était lui-même rendu compte, dit-il, et une précédente école où il était inscrit l'avait prévenu qu'il fréquentait des gens « pas recommandables ». Il ne croit cependant pas que Marc prenait de la drogue.

Ayant été informé de la version policière par l'entremise de sa femme, il dit croire que c'est Jean qui a demandé d'emprunter la voiture de sa mère vers 15 h lundi pour aller « faire un tour », alors qu'en fait, il se rendait à un rendez-vous avec un intermédiaire, qui devait lui présenter un fournisseur de drogues. 

Germano Wabafiyebazu admet qu'il ne sait pas exactement ce qui s'est produit après que Jean soit entré dans la maison de l'intermédiaire, mais il ne croit pas que son fils a voulu voler le trafiquant. « Il faut être vraiment idiot pour aller voler de la drogue à un criminel en sa présence », a-t-il laissé tomber.

Le père de la victime croît plutôt que le trafiquant n'est pas parvenu à s'entendre avec lui et qu'il a soupçonné qu'il avait affaire à un agent double. 

Selon lui, Marc Wabafiyebazu n'a fait qu'accompagner son frère à ce rendez-vous et qu'il est sorti de la voiture « quand il a entendu les coups de feu pour aller voir ce qui se [passait] ». Il croit que son fils a alors tiré en l'air avec une arme - sans savoir comment il a pu se la procurer -, que la police est arrivée sur les lieux et l'a arrêté.

Germano Wabafiyebazu, qui habite dans la région d'Ottawa, dit être « bouleversé » par la mort de son fils. Sa femme, dont il est séparé depuis quelques années, vit le drame « très difficilement ».

Selon lui, le corps de l'aîné sera rapatrié au Canada.

Roxanne Dubé a été nommée consule générale du Canada à Miami le 28 novembre dernier, mais selon M. Wabafiyebazu, elle n'était installée à Miami que depuis deux mois. De 2005 à 2008, elle a été ambassadrice au Zimbabwe, avec accréditation simultanée auprès de l'Angola et du Botswana.


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Un chalutier russe coule dans le Pacifique : au moins 54 morts

Au moins 54 personnes sont mortes mercredi soir dans le naufrage d'un chalutier russe dans l'océan Pacifique, près de la péninsule de Kamtchatka, et 15 autres sont portées disparues, a déclaré le centre de coordination des secours.

Il y avait 132 personnes à bord du chalutier-usine Dalnyi Vostok, et 63 ont pu être secourues, a-t-il dit.

« L'opération se poursuit, nous cherchons toujours 15 personnes », a indiqué le capitaine Viktor Klepikov, du centre des secours maritimes de Petropavlovsk-Kamtchatski. Pour le moment, nous ne savons pas ce qui a pu provoquer cette tragédie ».

Le navire a sombré dans les eaux glaciales de la mer d'Okhotsk, à 250 km au sud de la ville de Magadan et 330 km du camp de Kroutogorovski, sur la péninsule de Kamtchatka.

D'après l'agence Interfax, qui cite un responsable non identifié du centre de secours, le navire a peut-être heurté un bloc de glace dérivant. L'eau a envahi la salle des machines et le chalutier a coulé en un quart d'heure.

Un responsable régional cité par l'agence Tass a émis une autre hypothèse, celle d'un dépassement par l'équipage des capacités de chalutage du navire, en violation des règles de sécurité.

« D'après les premières informations, le naufrage s'est produit alors que le navire tirait un filet de 100 tonnes », a déclaré Sergueï Khabarov, vice-président de l'oblast (région) du Kamtchatka.

L'équipage était composé de 78 ressortissants russes et de 54 marins étrangers originaires de Birmanie, d'Ukraine, de Lituanie et du Vanuatu, précise l'agence. Le port d'attache du navire était Nevelsk, dans l'oblast de Sakhaline.


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L'opposant Buhari remporte la présidentielle au Nigeria

Written By Unknown on Rabu, 01 April 2015 | 16.05

Le candidat de l'opposition remporte la présidentielle au Nigeria

Le candidat de l'opposition Muhammadu Buhari a remporté l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire du Nigeria, en récoltant 15,4 millions de voix contre 13,3 millions pour le président sortant Goodluck Jonathan.

Ce dernier a félicité son adversaire en lançant un appel au calme à ses partisans. Dans un communiqué diffusé mardi soir, le chef de l'État sortant invite ses partisans à suivre les « procédures légales » s'ils ont des plaintes à faire valoir, ajoutant que « l'ambition de quiconque ne justifie pas qu'on verse le sang d'un Nigérian ».

Des affrontements postélectoraux avaient éclaté, il y a quatre ans, à la suite de l'annonce de la victoire de Goodluck Jonathan. Les heurts avaient fait 800 morts dans le nord du pays.

Pays le plus peuplé d'Afrique avec ses 173 millions d'habitants et première puissance économique du continent, le Nigeria est divisé en deux parties sur le plan confessionnel : le nord, majoritairement musulman, et le sud, majoritairement chrétien.

Les deux partis avaient signé un « accord de paix » dans lequel ils réaffirmaient leur promesse de respecter des élections pacifiques et ils s'étaient engagés à éviter le recours à la violence.


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Négociations prolongées à Lausanne sur le nucléaire iranien

Les négociations sur le nucléaire iranien progressent et se prolongent

Les négociations de Lausanne sur le nucléaire iranien ont franchi la date-butoir du 31 mars et sont entrées mercredi dans leur septième jour consécutif sans qu'il soit possible d'en préjuger le résultat, seuls Téhéran et Moscou affichant un certain optimisme.

Les discussions se poursuivent entre l'Iran et les six grandes puissances impliquées dans les pourparlers (États-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni) pour trouver un accord encadrant les activités nucléaires de Téhéran de manière à l'empêcher de se doter de l'arme atomique, en échange d'une levée des sanctions qui lui sont imposées.

Les pourparlers ont été suspendus durant la nuit et reprendront dans la journée.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait état d'un accord de principe sur toutes les questions clés et ajouté que les négociateurs allaient commencer à rédiger un projet de texte, mais l'information a été démentie par un diplomate proche des pourparlers.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a évoqué de bons progrès dans les discussions et il a dit espérer également que les délégations entreraient mercredi dans la phase de rédaction d'un projet d'accord.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a quant à lui quitté les pourparlers et reviendra à Lausanne quand ce sera utile, a dit un membre de la délégation française.

Les États-Unis ont donné leur feu vert à la poursuite des négociations après minuit tout en avertissant qu'ils n'attendraient pas le 30 juin, date limite fixée pour un accord
définitif. Le président Barack Obama s'est entretenu avec les membres de son conseil de sécurité nationale pour faire le point sur les négociations.

Dans la journée de mardi, plusieurs diplomates présents en Suisse avaient estimé que l'accord-cadre serait probablement fragile ou incomplet, mais la porte-parole du département d'État américain, Marie Harf, a jugé que les progrès accomplis ces derniers jours justifiaient la poursuite des pourparlers.

Points de blocages

« Nous avons fait suffisamment de progrès ces derniers jours pour que cela vaille la peine de rester mercredi », a dit Marie Harf dans un communiqué, soulignant toutefois que « plusieurs points posent encore problème. »

À Washington, la Maison-Blanche a toutefois averti que les États-Unis n'attendraient pas le 30 juin pour rompre le dialogue s'il n'aboutit pas avant.

« Si nous ne pouvons parvenir à un accord politique, nous n'attendrons pas jusqu'au 30 juin (...) pour quitter les discussions », a déclaré son porte-parole Josh Earnest.

Côté iranien, le négociateur Hamid Baidinejad s'est dit prêt à continuer à discuter tant que des divergences persisteront. « L'Iran ne veut pas un accord pour un accord et un règlement définitif doit garantir son droit à l'énergie nucléaire », a-t-il déclaré.

Un membre de la délégation allemande a indiqué que rien ne garantissait un succès des discussions, qui visent à régler un contentieux de plus de douze ans.

En visite à Berlin pour un sommet franco-allemand, François Hollande a jugé qu'un échec des discussions serait préférable à un mauvais accord.

Les pourparlers bloquent sur plusieurs points: la possibilité pour l'Iran d'enrichir librement de l'uranium pour la recherche et développement après un moratoire de dix ans, et
le rythme de levée des sanctions et la question de leur rétablissement en cas de non-respect par Téhéran de ses engagements.


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Turquie : deux assaillants abattus, l'otage mort

Les forces de sécurité turques ont abattu les deux hommes armés associés à un groupe d'extrême gauche qui avaient pris en otage un procureur dans un tribunal d'Istanbul. Gravement blessé, ce dernier est mort.

Le procureur Mehmet Selim Kiraz « était gravement touché lorsqu'il est arrivé [à l'hôpital], mais nous l'avons perdu malgré tous nos efforts », ont indiqué ses médecins dans une déclaration aux médias.

Ce procureur enquêtait sur la mort d'un adolescent blessé par la police lors d'une manifestation antigouvernementale en 2013.

Selon le chef de la police de la capitale turque, Selami Altinok, l'intervention des forces de l'ordre a été décidée après que des coups de feu eurent été entendus dans le palais de justice de Caglayan. Il assure que « tout a été essayé » pour obtenir la reddition sans violence des preneurs d'otages.

Les assaillants sont liés au Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), un groupe marxiste clandestin connu pour avoir mené de nombreux attentats en Turquie dans les années 1990. Le groupe avait publié une photo du procureur avec un pistolet sur la tempe sur son site Internet plus tôt dans la journée. 

Le commando avait menacé d'exécuter le procureur Mehmet Selim Kiraz d'ici 15 h 30, heure locale (8 h 30, HAE) si les policiers responsables de la mort du jeune homme au coeur de l'enquête ne faisaient pas une « confession publique ». 

Il exigeait en outre que les policiers mis en cause soient jugés par des « tribunaux populaires » et que la justice abandonne toute enquête et toute poursuite contre des personnes ayant pris part à des manifestations dénonçant la mort de l'adolescent.

Le jeune homme qui est au coeur de l'enquête du procureur, Berkin Elvan, est mort le 11 mars 2014 après avoir passé 269 jours dans un coma provoqué par le tir d'une grenade lacrymogène de la police lors d'une manifestation organisée en juin 2013. Son décès a poussé des centaines de milliers de personnes à manifester en Turquie.

Le jeune Elvan est devenu un symbole de la violente répression exercée par le gouvernement turc, et de la dérive autoritaire que lui reprochent ses détracteurs. Le président Recep Tayyip Erdogan, qui était premier ministre à l'époque, l'avait publiquement qualifié de « terroriste ».

Le DHKP-C est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis. Il a notamment été impliqué dans l'attentat-suicide commis en février 2013 contre l'ambassade des États-Unis à Ankara.

Plus tôt dans la journée, des télévisions turques avaient montré des images des forces spéciales entrant dans le palais de justice. Après la publication de la photo du procureur tenu en otage, le Conseil supérieur de l'audiovisuel turc a cependant décidé d'interdire la diffusion des informations relatives à cette prise d'otages.


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Le fils de la consule canadienne à Miami a été assassiné

Un des fils de la consule générale du Canada à Miami, Roxanne Dubé, a été tué lundi dans une transaction de drogue qui a mal tourné, rapportent des médias américains.

Selon le Miami Herald, le jeune homme et son frère planifiaient de voler des vendeurs de marijuana lundi après-midi dans une maison du secteur de Coral Way. Ils s'y seraient présentés avec des armes à feu.

Selon le Herald et NBC 6, les deux frères se seraient rendus à cette maison à bord d'une voiture consulaire.

La situation s'est envenimée et une fusillade a éclaté, pendant laquelle l'un des frères a été atteint par balle. Selon plusieurs sources, il a succombé à ses blessures plus tard dans la journée. Un des trafiquants a aussi perdu la vie et un autre a été blessé.

Selon NBC 6, l'autre frère se trouvait à l'extérieur de la maison, dans le véhicule consulaire, au moment de la fusillade. Il a été arrêté plus tard par la police de Miami.

Il pourrait être accusé de meurtre, parce que la loi floridienne prévoit cette disposition pour une personne impliquée dans un crime violent.

Le gouvernement canadien et le département d'État américain tentent de faire la lumière sur cette histoire avec la police de Miami.

Le ministère des Affaires étrangères du Canada n'a fait aucun commentaire, sinon qu'il a pris connaissance d'un incident impliquant une famille canadienne à Miami.

Roxanne Dubé a été nommée consule générale du Canada à Miami le 28 novembre dernier. De 2005 à 2008, elle a exercé les fonctions d'ambassadrice au Zimbabwe, avec accréditation simultanée auprès de l'Angola et du Botswana.


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Fusillade au quartier général de la NSA

Written By Unknown on Selasa, 31 Maret 2015 | 16.05

Un homme a été abattu et un autre a été blessé alors qu'ils tentaient de défoncer les grilles protégeant l'entrée du quartier général de l'Agence de sécurité nationale (NSA), à Fort Meade, au Maryland, a confirmé l'agence dans un communiqué.

Selon le colonel Brian Foley, la situation est maîtrisée et une enquête est en cours. « Le personnel de sécurité de la NSA les a empêchés d'accéder aux installations », est-il écrit dans le communiqué.

Une fusillade a éclaté en matinée lorsque les deux hommes ont percuté la barrière avec leur voiture, selon certains médias américains. Les autorités parlent d'un geste criminel et non d'un acte terroriste.

Le réseau américain NBC, qui cite des sources anonymes, affirme que les deux suspects étaient habillés en femme et qu'ils se déplaçaient dans une voiture volée, où une arme et de la drogue auraient été découvertes plus tard.

« Le président a été informé de l'incident de ce matin à la National Security Agency et continuera à l'être si nécessaire », a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Eric Schultz.

Une enquête est menée actuellement par la NSA et le Bureau fédéral d'enquête (FBI).


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Le Canada prolonge son engagement contre l’EI

Vote sur l'expansion en Syrie de la mission canadienne contre l'EI

La campagne de bombardement aérien du Canada en Syrie pourrait s'amorcer d'ici quelques jours, alors que les parlementaires ont adopté lundi soir la motion du gouvernement sur le prolongement de l'intervention militaire contre le groupe armé État islamique (EI).

Les conservateurs ont profité de leur majorité pour faire adopter la motion par un vote de 142 contre 129. Un seul député de l'opposition les a appuyés: l'indépendant Scott Andrew, récemment exclu des rangs libéraux.

Les néo-démocrates, les libéraux, les deux députés du Parti vert, les deux du Bloc québécois, le chef de Force et Démocratie et trois autres indépendants s'y sont opposés.

Auparavant, un amendement présenté par le NPD avait été défait.

La Défense nationale assure que les forces aériennes du pays sont prêtes à commencer les frappes dès l'adoption de la motion, mais une conseillère en communication du ministère, Ashley Lemire, a déclaré à La Presse Canadienne que « le calendrier des frappes dépend des priorités de la coalition et de l'attribution de cibles pour le Canada ».

Le premier ministre Stephen Harper s'est réjoui de l'adoption de la résolution. Même s'il a reconnu que la coalition internationale menée par les États-Unis était parvenue à freiner l'expansion territoriale de l'EI, il a affirmé que le groupe armé constitue toujours une menace mondiale.

« Nous ne pouvons pas rester en marge pendant que (l'EI) continue à lancer des appels au terrorisme contre le Canada et contre nos alliés et partenaires; nous ne pouvons pas non plus permettre à (l'EI) de se réfugier en Syrie », a-t-il déclaré par communiqué.

Au cours du débat, qui a duré toute la journée, le ministre fédéral de la Défense, Jason Kenney, a rappelé que les conservateurs n'avaient pas changé leur position. « Sans une réponse militaire concrète pour arrêter les crimes contre l'humanité, ces crimes vont continuer avec davantage de victimes », a-t-il prévenu.

Du même souffle, M. Kenney a raillé la position du Nouveau Parti démocratique (NPD) - le parti de Thomas Mulcair est farouchement opposé au volet prévoyant une intervention militaire en territoire syrien et souhaiterait voir le Canada miser plutôt sur l'aide humanitaire. « La logique du NPD est de laisser le terrain à l'État islamique pour tuer davantage de victimes et donner à ces victimes à la fin de l'aide humanitaire? Ça n'a aucun sens », a lancé le ministre aux Communes.

Un problème éthique selon le NPD

Au cours de son intervention en soirée, le chef du NPD, Thomas Mulcair a déploré à maintes reprises que l'intervention aérienne ne soit pas menée à l'initiative des Nations unies et de l'OTAN.

« C'est un sérieux problème éthique pour le Canada. Ne pas en tenir compte trahit le manque de connaissance du gouvernement au sujet d'une région qui pourrait entraîner le Canada dans un conflit pendant des décennies. Le premier ministre a dit aux Canadiens que nous avions le choix entre bombarder l'Irak et la Syrie ou de rester à l'écart. C'est un faux choix. »

M. Mulcair a aussi accusé le gouvernement de faire fi des stratèges militaires. « Les stratèges militaires nous disent qu'il faut deux choses pour qu'une mission soit couronnée de succès: il faut connaître l'objectif clair de la mission et la stratégie de retrait. Les conservateurs n'ont ni l'un, ni l'autre. Ils n'ont pas de plan. »

Le député conservateur John Duncan a accusé le NPD d'être hypocrite. « L'intervention en Afghanistan était appuyée par l'OTAN et les Nations unies, mais le NPD a quand même voté contre », a-t-il lancé.

La Syrie et Bachar Al-Assad

Pour les néo-démocrates, comme pour les libéraux d'ailleurs, le fait de mener des bombardements en Syrie équivaudrait à cautionner le régime du président Bachar Al-Assad, voire à renforcer son emprise sur le pouvoir.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, l'a rappelé lors de sa prise de parole à la Chambre des communes en fin d'après-midi, lundi.

« Nous ne pouvons pas apporter notre soutien à une mission qui pourrait très bien aboutir à une plus grande consolidation du pouvoir d'Assad en Syrie », a-t-il plaidé.

« L'État islamique doit être confronté. Là-dessus, nous sommes tous d'accord. Là où nos opinions divergent, c'est sur la manière dont le Canada peut intervenir afin d'être le plus efficace possible », a indiqué M. Trudeau.

Les libéraux estiment que les troupes canadiennes devraient se consacrer à la formation des forces irakiennes dans le but de combattre l'État islamique.

En octobre dernier, les troupes du premier ministre Stephen Harper avaient voté à l'unanimité en faveur de la motion initiale, qui prévoyait un déploiement de six mois et limitait le champ d'action à l'Irak.


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