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Le discours de Nétanyahou ne fait pas l'unanimité en Israël

Written By Unknown on Rabu, 04 Maret 2015 | 16.05

Le discours de Nétanyahou vu d'Israël : reportage de Marie-Eve Bédard

Les réactions ont été partagées en Israël après le discours du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, sur le nucléaire iranien à Washington. Ses partisans estiment qu'il a bien fait de mettre en garde les États-Unis contre un accord nucléaire avec l'Iran, tandis que ses détracteurs se sont demandé si cela valait la peine de risquer une nouvelle dégradation des relations avec la Maison-Blanche.

Le premier ministre avait été invité à s'exprimer devant le Congrès des États-Unis à l'invitation de John Boehner, le président républicain de la Chambre de représentants. M. Boehner n'avait pas consulté la Maison-Blanche. Barack Obama a refusé de recevoir Benyamin Nétanyahou, invoquant la proximité des élections législatives à la Knesset, prévues le 17 mars prochain.

Devant les élus du Congrès, le premier ministre israélien a plaidé que l'Iran représentait une menace pour le monde entier et a mis en garde Washington contre ce « mauvais accord ».

Le discours a été diffusé en direct à la radio et à la télévision israélienne. Les commentateurs politiques israéliens ont parlé d'un discours bien maîtrisé, tout en se disant d'accord avec Barack Obama qui a dit n'y avoir vu rien de nouveau.

Il n'y a pas eu de sondage publié immédiatement après le discours, mais les applaudissements qui l'ont émaillé seront sans doute utilisés dans les messages publicitaires de la campagne électorale en Israël.

Véritables motivations

Pour les détracteurs de « Bibi », comme les Israéliens surnomment le premier ministre, c'est la recherche de ce genre de moment prestigieux qui a été sa véritable motivation pour aller à Washington. Les responsables de son parti, le Likoud [un parti de droite], le démentent.

Un sondage publié quelques heures avant sa prestation donnait l'opposition légèrement en tête. Le Likoud était crédité de 21 sièges et l'Union sioniste et la coalition de centre gauche créée spécialement pour ces législatives, 24 - la Knesset en compte 120. L'Union sioniste regroupe principalement le Parti travailliste et le parti Hatnuah de Tzipi Livni, l'ex-ministre des Affaires étrangères.

« Ce discours nous a beaucoup aidé. Le premier ministre a bien expliqué qu'un accord entre l'Iran et les grandes puissances n'empêchera pas Téhéran de mettre au point l'arme nucléaire. Et il a expliqué aux élus américains qu'il fallait une solution différente, un accord différent », a commenté Yoni Yanai, un habitant de Tel-Aviv, attablé dans un café.

« Je pense que le discours de Bibi ne peut pas aider les relations entre Obama et Israël, il ne peut que faire des dégâts. » — Karni Mazali, un client dans un café

C'est un sentiment partagé par le chef de file de l'Union sioniste Isaac Herzog, principal adversaire de Nétanyahou. « Soyons honnêtes, le discours que nous avons entendu était impressionnant, mais aussi impressionnant qu'il ait été, il n'arrêtera pas le programme nucléaire iranien et n'influencera pas non plus l'accord en gestation, ni dans son contenu ni dans son calendrier », a souligné Isaac Herzog au cours d'une visite dans une communauté agricole à la frontière avec la bande de Gaza.

« La triste vérité, c'est qu'après les applaudissements, Nétanyahou reste seul. Israël est isolé et les négociations avec l'Iran continueront sans implication israélienne », a-t-il ajouté.


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Nétanyahou pourfend un éventuel accord sur le nucléaire iranien devant le Congrès américain

Nétanyahou devant le Congrès américain : reportage de Christian Latreille

Dans un discours prononcé devant le Congrès américain sur fond de campagne électorale israélienne, Benyamin Nétanyahou s'est livré à une charge à fond de train contre un accord sur le nucléaire iranien que les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne tentent de conclure avec Téhéran.

« Ça ne bloque pas la route de l'Iran vers la bombe [nucléaire], ça ouvre la voie vers la bombe », a-t-il lancé devant les élus de la Chambre des représentants et du Sénat, qui l'ont souvent applaudi à tout rompre

« C'est plus qu'un mauvais accord, c'est un très mauvais accord. Nous sommes mieux sans cela. » — Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

Selon le premier ministre israélien, l'entente actuellement négociée va « pratiquement garantir » que l'Iran pourra développer l'arme ultime, puisqu'elle fait deux « concessions majeures » à la République islamique :

  • elle laisserait l'infrastructure iranienne en place, plutôt que de la détruire, de sorte que le temps nécessaire à l'Iran pour développer une bombe nucléaire serait « très court ». Ce délai, dit « breakout time », serait de moins d'un an, selon les États-Unis, mais encore moindre, selon l'évaluation d'Israël;
  • elle confierait la supervision du respect de l'entente à des inspecteurs internationaux qui peuvent documenter la situation, mais qui ne peuvent arrêter une reprise du développement, comme cela s'est produit, selon lui, en Corée du Nord.

Selon lui, une entente qui gèlerait le programme nucléaire iranien pour 10 ans, comme l'a évoqué le président américain Barack Obama lundi, permettrait non seulement à l'Iran d'avoir « le meilleur des deux mondes », mais engendrerait, à terme, une véritable « course aux armements dans la région la plus dangereuse du monde ».

Le cas échéant, a-t-il prophétisé, le monde devrait dire adieu à toute velléité de contrôle des armements et se préparer à un « cauchemar nucléaire ».

Pour M. Nétanyahou, toute entente avec le régime dirigé par l'ayatollah Khamenei devrait s'appuyer sur trois exigences :

  • qu'il arrête ses « agressions » contre ses voisins au Moyen-Orient;
  • qu'il cesse de « soutenir le terrorisme » partout dans le monde;
  • qu'il cesse de menacer d'annihiler Israël, « le seul et unique État juif au monde ».

Le premier ministre israélien a aussi soutenu qu'il était faux de dire que la guerre constituerait la seule solution en cas d'échec des discussions. « La solution de rechange devant une mauvaise entente est une bien meilleure entente », a-t-il plaidé.

L'Iran comparé à l'État islamique et aux nazis

Le premier ministre israélien s'est longuement attardé aux actes guerriers attribués à la République islamique - prise d'otages à Téhéran, meurtre de marines à Beyrouth, attentats contre des institutions juives à Buenos Aires, etc. - et a souligné l'influence grandissante de Téhéran au Moyen-Orient.

« Le document fondateur des États-Unis promet la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Le document fondateur de l'Iran promet la mort, la tyrannie et la poursuite du djihad. » — Benyamin Nétanyahou, premier ministre d'Israël

Il a soutenu que l'Iran a déjà « avalé » quatre pays de la région - l'Irak, la Syrie, Le Liban et le Yémen - et que d'autres suivront si rien n'est fait. Au sujet de l'Irak, où l'Iran est engagé dans la lutte contre le groupe armé l'État islamique, comme les États-Unis, il a lancé aux élus américains : « l'ennemi de votre ennemi est votre ennemi ».

M. Nétanyahou a d'ailleurs renvoyé dos à dos la République islamique et l'État islamique. Selon lui, chacun veut « imposer un empire islamique » sur la région, et « ne font que se disputer sur celui qui régnera sur cet empire ».

Mais alors que l'État islamique se bat avec des couteaux de bouchers et des vidéos diffusés sur YouTube, a-t-il dit, Téhéran dispose de missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de transporter des charges nucléaires.

« Le plus grand danger auquel notre monde est confronté est le mariage de l'Islam avec les armes nucléaires. » — Benyamin Nétanyahou, premier ministre d'Israël

Benyamin Nétanyahou a aussi tracé un parallèle entre l'Iran et le régime nazi. Dans les deux cas, a-t-il dit, la menace à laquelle a été confronté le monde n'était pas un « problème juif », mais un problème mondial.

M. Nétanyahou en était à son troisième discours devant le Congrès; il y avait déjà pris la parole en 1996 et en 2011. Il est devenu le seul dirigeant étranger, avec Winston Churchill, à s'être exprimé à trois reprises dans le temple de la démocratie américaine.

Une quarantaine de représentants et quelques sénateurs démocrates ont cependant boycotté le discours de M. Nétanyahou. Le vice-président Joe Biden, qui est aussi président du Sénat, n'y était pas non plus, puisqu'il effectue une tournée en Amérique centrale.

« Rien de nouveau », dit Obama

En début d'après-midi, le président américain a déclaré à la presse qu'il n'avait pas regardé le discours de M. Nétanyahou, mais qu'il avait lu la transcription. « À ma connaissance, il n'y a rien de neuf », a commenté Barack Obama. « Le premier ministre n'a pas proposé de solutions viables. »

Il a aussi rappelé qu'aucun accord n'avait encore été conclu. « Mais si nous réussissons, ce sera le meilleur accord possible avec l'Iran pour empêcher qu'il se dote d'une arme nucléaire », a-t-il plaidé. À défaut d'une entente, a aussi dit le président, l'Iran accélérerait son programme nucléaire.

« C'est important que nous restions concentrés sur ce problème. La question centrale est : comment pouvons-nous les empêcher d'obtenir l'arme nucléaire? Je ne suis pas focalisé sur la politique, le théâtre. » — Barack Obama, président des États-Unis

Barack Obama a aussi demandé au Congrès d'attendre qu'une entente soit conclue avant de se prononcer. Il s'engage d'ailleurs à défendre tout projet d'entente devant le Congrès.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a fait savoir mardi après-midi que la chambre haute du Congrès va débattre d'un projet de loi qui permettrait au Congrès d'étudier l'entente. La Maison-Blanche a déjà fait savoir qu'elle entend apposer son veto à ce projet.

Le président américain a par ailleurs affirmé qu'il était important de « ne pas politiser » la relation entre les États-Unis et Israël.

Le premier ministre Nétanyahou avait lui-même entrepris son discours en disant « regretter » que son allocution devant le Congrès, prononcée à l'invitation des républicains, qui y contrôlent les deux chambres, ait pu être perçue dans une optique partisane. « Ça n'a jamais été mon intention », a-t-il assuré.

Il a aussi pris soin de souligner à quel point il appréciait « tout ce que le président Obama a fait pour Israël », avec divers exemples à l'appui, et en assurant qu'il serait « toujours reconnaissant » pour cet appui. Il a aussi salué les élus américains qui appuient Israël « peu importe le côté de la Chambre où [ils] siègent ».

M. Nétanyahou avait affirmé lundi devant le principal lobby pro-israélien américain, l'AIPAC, que son discours ne visait pas à être « irrespectueux » envers le président américain. Mais dans une entrevue exclusive accordée peu après à Reuters, Barack Obama n'a pas mâché ses mots à son endroit.

Il l'a notamment accusé de s'être trompé sur le bien-fondé de l'accord que le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine et Allemagne) tente de sceller avec Téhéran, en revenant sur un accord de 2013, en vertu duquel Téhéran a partiellement gelé ses activités nucléaires en échange d'une levée partielle des sanctions.

Nétanyahou devant le Congrès américain : analyse de François Brousseau

Un accord serait bénéfique, insiste Obama

« M. Nétanyahou a fait toutes sortes de déclarations », a critiqué M. Obama. « Cela allait être un très mauvais accord. Cela allait permettre à l'Iran de récupérer 50 milliards de dollars. L'Iran ne respecterait pas l'accord. Rien de cela ne s'est vérifié », a-t-il dénoncé.

Le président américain reconnaît qu'il existe un désaccord avec M. Nétanyahou sur les façons d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Mais selon lui, un accord pourrait être bénéfique, tant pour les États-Unis que pour Israël.

« Si les Iraniens acceptent [les conditions d'un accord], ce sera nettement plus efficace pour contrôler leur programme nucléaire que n'importe quelle opération militaire que nous pourrions entreprendre, n'importe quelle opération militaire qu'Israël pourrait lancer, et beaucoup plus efficace que ne pourront l'être les sanctions », a-t-il déclaré.

« Israël et les États-Unis sont d'accord pour que l'Iran n'ait pas d'armes nucléaires. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la meilleure manière de l'empêcher de développer ces armes », avait aussi convenu M. Nétanyahou devant l'AIPAC. Israël estime qu'un accord n'empêcherait en rien Téhéran de se doter à terme de la bombe atomique.

« Si, véritablement, l'Iran accepte de geler son programme là où il en est pendant au moins 10 ans (...), si nous obtenons cela, ainsi que des moyens de le vérifier, aucune autre mesure que nous pourrions prendre ne nous donnera mieux la garantie qu'ils n'ont pas l'arme nucléaire », a aussi dit le président américain à Reuters.

L'objectif des États-Unis, a-t-il poursuivi, est de faire en sorte qu'« il y ait au moins un an entre le moment où nous constatons qu'ils cherchent à se doter d'une arme nucléaire et celui où ils sont en mesure de l'avoir. »

L'Iran dénonce les propos d'Obama

Ces propos ont été qualifiés d'« inacceptables » mardi par le chef de la diplomatie iranienne, qui participe depuis lundi à des discussions sur les capacités nucléaires de son pays avec le secrétaire d'État américain John Kerry à Montreux.

« Il est clair que les positions de M. Obama visent à gagner l'opinion publique et à contrer la propagande du premier ministre [Nétanyahou] et des autres opposants extrémistes aux négociations, en utilisant des termes et des formulations inacceptables et menaçants », a déclaré Mohammad Javad Zarif, à l'agence officielle iranienne Irna.

Cela n'a pas empêché M. Zarif d'avoir une discussion de deux heures avec John Kerry mardi. Ces pourparlers, qui se poursuivront plus tard dans la journée et mercredi, se déroulent en parallèle avec les travaux de négociateurs et d'experts qui continueront leur travail jusqu'à la fin de la semaine.

L'Iran et le groupe 5+1 tentent de sceller avant le 31 mars un accord historique, qui garantirait la nature pacifique du programme iranien, soupçonné de cacher un volet militaire, ce que Téhéran dément.

Le président Obama a assuré lundi que les Iraniens négociaient sérieusement, une information confirmée mardi par le ministre allemand des Affaires étrangères. « J'irais même jusqu'à dire qu'en dix ans de négociations, nous n'avons jamais accompli autant de progrès que nous l'avons fait depuis le début de l'année.


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Discrimination « systématique » envers les Noirs à Ferguson, selon une enquête

La police de Ferguson a violé « systématiquement » les droits constitutionnels de ses citoyens afro-américains, selon une enquête exhaustive du département de la Justice des États-Unis, qui a dévoilé les résultats préliminaires mardi.

Les enquêteurs ont découvert que les policiers de la banlieue de Saint Louis, au Missouri, ont fait usage de force excessive et ont effectué des contrôles routiers de façon démesurée à l'égard des Noirs pour des raisons injustifiées.

Le département de la Justice des États-Unis avait ouvert une enquête après la mort, en août dernier, du jeune Afro-américain Michael Brown, qui s'était fait abattre par un policier blanc. L'incident avait provoqué des soulèvements inédits à Ferguson durant plusieurs semaines.

Le policier Darren Wilson n'avait finalement pas été poursuivi.

Les enquêteurs, qui ont mené des centaines d'entrevues et parcouru des dizaines de milliers de documents de la police, ont tracé un portrait étoffé de la situation.

De 2012 à 2014 :
  • 85 % des automobilistes immobilisés aux contrôles routiers étaient noirs;
  • 93 % des arrestations ont été effectuées sur des Noirs;
  • 88 % des cas où il y a eu usage de la force étaient avec des suspects noirs;
  • 95 % des détenus qui sont restés plus de deux jours en prison étaient noirs.

À Ferguson, 67 % de la population est noire alors que ses policiers sont en grande majorité blancs. Les citoyens de la ville alléguaient que la police faisait régulièrement du profilage racial, créant le climat tendu qui a mené à la mort de Michael Brown.

La Ville de Ferguson devra maintenant s'entendre avec le département de la Justice pour imposer des réformes, sans quoi elle pourrait se faire poursuivre pour avoir porté atteinte à des droits garantis par la Constitution. Le maire de Ferguson a d'ailleurs annoncé qu'il était prêt à apporter des changements pour « mieux servir la communauté ».

Blague raciste sur Obama

Les enquêteurs ont aussi eu accès à des milliers de courriels échangés entre les policiers, où ils ont découvert les racines profondes de la discrimination envers les Noirs au sein du service de police de Ferguson. Dans un message datant de 2008, quelqu'un « blaguait » que le nouveau président Barack Obama n'allait pas rester longtemps en poste « parce qu'un Noir ne peut pas garder un emploi pendant quatre ans ». 

Le rapport complet de l'enquête pourrait être publié plus tard mercredi, selon une porte-parole du département.


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Snowden pourrait revenir aux États-Unis...si on lui promet un procès équitable

L'ancien technicien de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) Edward Snowden pourrait retourner aux États-Unis si les autorités lui garantissent un procès équitable, a indiqué son avocat russe, mardi.

Anatoli Koutcherena a dit qu'il collaborerait avec ses collègues américains et allemands pour faire avancer ce dossier, mais il n'a pu donner plus de détails à ce sujet.

Le secrétaire à la Justice Eric Holder aurait déjà promis à M. Snowden qu'il ne risquerait pas la peine de mort, selon son avocat.

En 2013, Edward Snowden s'était rendu à Hong Kong où il avait accordé des entrevues à plusieurs grands quotidiens, dont le Guardian et le Washington Post pour leur révéler des informations secrètes sur le programme de surveillance de la NSA.

Quelques semaines plus tard, les autorités américaines l'ont accusé d'espionnage et ont demandé à Hong Kong de l'arrêter.

Le technicien informatique s'était alors réfugié en Russie, où il avait finalement obtenu un permis de séjour de trois ans, au grand dam de Washington. Le président russe Vladimir Poutine a nié que les services de sécurité de son pays ont aidé M. Snowden.

Le lieu de résidence actuel de l'Américain n'a pas été dévoilé publiquement. Me Koutcherena a dit que son client pouvait se déplacer librement avec des agents de sécurité; il a même reçu la visite de son amoureuse.

Une porte-parole du département d'État interrogée par CNN a affirmé que les États-Unis seraient « heureux pour lui » qu'il affronte les « accusations graves » pesant contre lui.

« Il peut et il doit absolument revenir aux États-Unis pour se soumettre au système de justice qui sera juste dans son jugement. Mais il est accusé de crimes graves et il doit faire face [à la justice] », a affirmé Marie Harf.


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Boris Nemtsov : « meurtre politique » pour l'opposition, « provocation » pour le Kremlin

Written By Unknown on Minggu, 01 Maret 2015 | 16.05

Le récit de Luc Lapierre

Alors que les fleurs s'accumulent sur le pont où a été assassiné l'opposant politique Boris Nemtsov, le président russe Vladimir Poutine affirme que « tout sera fait pour que les organisateurs et exécutants de ce crime lâche et cynique reçoivent le châtiment qu'ils méritent ».

« Boris Nemtsov a laissé son empreinte dans l'histoire de la Russie, dans la vie politique et celle de la société. Il a toujours ouvertement et honnêtement exprimé ses positions », a déclaré le président dans un message de condoléances à Dina Eidman, la mère de Boris Nemtsov. « Je partage sincèrement le malheur qui vous frappe », a-t-il ajouté. 

Il avait déjà qualifié samedi l'assassinat de « provocation ». 

Au sein de la communauté internationale, des voix s'élèvent pour demander une enquête « indépendante », « rapide » et « transparente ». Condamnant le meurtre de M. Nemtsov, le président américain Barack Obama et le premier ministre canadien Stephen Harper ont lancé cet appel.

La chancelière allemande Angela Merkel presse elle aussi le président russe de traîner les responsables de ce meurtre devant la justice.

L'opposant blâme la « dictature » de Poutine

Boris Nemtsov, 55 ans, a été abattu de quatre balles alors qu'il marchait sur le Grand Pont de pierre, à côté du Kremlin, en compagnie d'une jeune femme.

« Tiré quatre fois, une fois pour chaque enfant qu'il laisse derrière lui », a dénoncé l'ancien champion d'échecs en exil, Garry Kasparov. Il était, avec Boris Nemtsov, le leader du mouvement d'opposition Solidarnost.

Il y a deux semaines, Boris Nemtsov avait dit craindre d'être assassiné par le camp Poutine pour son opposition à l'annexion de l'Ukraine par Moscou. Comme plusieurs opposants au Kremlin, il avait déjà reçu plusieurs menaces.

Les enquêteurs russes évitent cette hypothèse et avancent plutôt la piste islamiste et celle d'« éléments radicaux » impliqués dans le conflit en Ukraine. 

L'opposition ne partage pas cet avis. Alors que certains ont directement montré du doigt le président Poutine, d'autres se servent de la « dictature » politique pour expliquer la mort de Boris Nemtsov. Dans la société russe, où l'on exige une loyauté totale envers le président, il y a peu de place pour les principes moraux, clame-t-on.

« Dans ce monde de haine et de violence qu'est celui de Poutine, à l'étranger comme en Russie, l'effusion de sang est utilisée pour démontrer qu'on fait partie de l'équipe, qu'on est loyal. » — Garry Kasparov, sur Twitter

Le Comité d'enquête à Moscou affirme pouvoir prouver qu'il s'agit d'un meurtre soigneusement planifié et que les assassins ont été en mesure de suivre leur cible.

« Vers 23 h 15, une voiture s'est approchée d'eux, quelqu'un a tiré des coups de feu, dont quatre l'ont touché dans le dos, causant sa mort », a déclaré une porte-parole du ministère russe de l'Intérieur, Elena Alexeeva, à la chaîne de télévision Rossiya 24.

Moscou en marche pour Nemtsov

Avant d'être assassiné, Nemtsov avait appelé les Russes à manifester contre l'« agression de Vladimir Poutine » en Ukraine et pour l'arrêt de la guerre dans l'est du pays. Cette manifestation a été annulée au profit d'une marche dans le centre de Moscou à la mémoire du célèbre opposant russe. La marche a d'ailleurs reçu l'accord des autorités.

Près de 50 000 personnes sont attendues.


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Boris Nemtsov : la démocratie assassinée en Russie

Il était grand, fort en gueule, défiant. Un tribun hors pair, capable d'électriser des foules d'opposants avec ses slogans percutants. Car, avant tout, Boris Nemtsov se plaisait à être le poil à gratter du régime Poutine.

Autrefois vice-premier ministre sous la présidence de Boris Eltsine dans les années 90, beaucoup voyaient, à l'époque, en ce jeune politicien ambitieux, un futur chef d'État. Il était déjà réformateur, voulait faire entrer la Russie dans la modernité; en faire un pays normal. Eltsine finira cependant par choisir pour dauphin un ancien agent du KGB, Vladimir Poutine, condamnant du coup Boris Nemtsov à une vie d'opposant.

C'est en 2011 que je l'ai rencontré pour la première fois alors que le mouvement d'opposition à Vladimir Poutine prenait de l'ampleur, après des élections législatives à la légitimité douteuse. En septembre cette année-là, Vladimir Poutine avait annoncé son grand retour à la présidence. Son fidèle lieutenant, Dmitri Medvedev, temporairement promu président, confirmait qu'il allait céder sa place après l'avoir gardée au chaud pendant quatre ans pour Poutine, le temps d'ajuster la constitution russe à ses ambitions.

Jusque là, les opposants au régime n'arrivaient qu'à mobiliser quelques dizaines de personnes sur la place Triumfalnaya chaque 31 du mois. Et Boris Nemtsov était chaque fois du nombre. Mais après les législatives de décembre 2011, c'est par dizaines de milliers que les Russes descendaient dans les rues de Moscou, portant fièrement un ruban blanc, symbole du mouvement pour des « tchistye vybory »; pour des élections propres.

Entre-temps, d'autres leaders de l'opposition, plus jeunes, plus énergétiques, plus charismatiques avaient émergé. Boris Nemtsov s'était rallié et semblait se nourrir de l'énergie des Alexeï Navalny, Sergueï Oudaltsov, Ilya Yachine. À chaque rassemblement sur la place Bolotnaya, à deux pas du Kremlin, l'aîné qu'était Nemtsov avait toujours droit à son temps de parole. Son cheval de bataille était la lutte à la corruption. Accroché à son micro, il haranguait la foule par un froid glacial, promettant que « Rossiya budet svobodna bez Poutina », la Russie sera un jour libre, débarrassée de Poutine.

Visiblement ravi de son retour en grâce, il se livrait volontiers à des entrevues avec les médias étrangers dans un anglais qu'il maîtrisait plutôt bien, ce qui était rare parmi les figures de l'opposition. Il parlait avec force et conviction.

En décembre 2011, alors que le premier rassemblement sur la place Bolotnaya mobilisait des dizaines de milliers de personnes, le colosse avait du mal à masquer son enthousiasme. En entrevue, il me disait, large sourire au visage : « J'ai déjà pris part à deux révolutions. La première en 1991 aux côtés de Boris Eltsine sur un tank, j'étais député à cette époque, et la deuxième à Maïdan en Ukraine. Mais celle-ci sera très calme, très pacifique. Une révolution blanche », pointant le doigt vers son ruban blanc.

J'allais le revoir à chaque manifestation et chaque fois je m'interrogeais sur la nature réelle de son enthousiasme : authentique ou de façade, pour inspirer les foules? Y croyait-il vraiment? Arrêté régulièrement comme ses acolytes Navalny, Oudalstov et Yachine, il ne pouvait ignorer qu'il dérangeait en haut lieu; il ne pouvait ignorer que la bataille qu'il menait en faveur de la démocratie en Russie était perdue d'avance, à moins d'un formidable et improbable revirement de situation.

Et pourtant, il revenait sans cesse à la charge. Même après la victoire de Vladimir Poutine aux élections de 2012, même après l'arrestation massive et la condamnation à des peines de prison de manifestants lors du rassemblement de mai 2012. Comme un bouledogue qui ne veut pas lâcher le mollet qu'il tient entre les dents.

En mai 2013, lors d'une marche pour demander la libération des manifestants arrêtés l'année d'avant, il me dressait la liste des demandes de l'opposition décimée, comme si le rapport de force était encore en sa faveur. « Nous demandons la libération des prisonniers politiques, la fin de la corruption. Et Poutine veut être président à vie, ce qui serait un désastre pour la Russie. Nous exigeons une modification de la constitution pour limiter à deux le nombre de mandats par personne. »

Le tableau qu'il dressait de la Russie sous Poutine était bien sombre : associations et ONG désignées comme « agents de l'étranger », une presse muselée, remplacée par de la propagande mensongère pro-Poutine; argent investi dans les services secrets. Il dénonçait aussi une politique économique qu'il considérait dangereuse: « Toute notre économie est basée sur le pétrole, sur l'exploitation des matières premières. Il n'y a aucun développement, aucune innovation », me disait-il, désolé. L'avenir allait lui donner raison.

Avant les Jeux olympiques de Sotchi, il publiait un rapport recensant et dénonçant les dépassements de coûts et les détournements de fonds. Des sommes se chiffrant en milliards de dollars. Il rappelait aussi à quel point tous les juteux contrats avaient été attribués à des amis de Vladimir Poutine.

Harcelés, emprisonnés ou forcés à l'exil comme l'ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovsky ou l'ex-champion d'échecs Garry Kasparov, tous ses compagnons de lutte semblaient dernièrement hors jeu, marginalisés dans une Russie au patriotisme, au nationalisme exalté, dopé aux conquêtes en Ukraine. La Crimée, le Donbass. Difficile de lutter lorsque tout un peuple adule son leader, chante les vertus du nouveau tsar.

Au printemps 2014, sa photo se retrouvait placardée en plein coeur de Moscou sur des bannières géantes le désignant avec d'autres figures de l'opposition, comme un traître, membre de la cinquième colonne. Il était régulièrement la cible des télévisions pro-Kremlin qui doutaient aussi de son patriotisme. Dans cette nouvelle Russie monolithique, son attachement aux valeurs de démocratie, aux droits de la personne, son combat contre la corruption faisaient de lui un paria. Il était vu par beaucoup comme l'homme de l'Occident.

Dans cette Russie où les jeunes filles en fleurs portent fièrement un t-shirt moulant montrant un Poutine conquérant, à cheval, le torse nu, Boris Nemtsov, lui, continuait de nager à contre-courant. Il dénonçait la guerre en Ukraine, s'apprêtait à publier un rapport prouvant l'implication de l'armée russe. Il s'apprêtait surtout à tenir une grande manifestation contre la guerre. Don Quichotte des temps modernes, il ne semblait douter de rien. Même lorsque sa mère l'avertissait de faire attention et lui disait qu'à force de s'en prendre à Poutine, il se ferait assassiner.

Boris Nemtsov a été abattu de 4 balles dans le dos sur un pont, à deux pas du Kremlin. Et avec lui, s'est éteint son rêve de faire de la Russie un pays démocratique; un pays normal.


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La semaine en images

Cette semaine, dans notre coup d'oeil sur l'actualité internationale : une fête bien particulière au Japon, de la nostalgie de l'URSS en Russie et un accident particulier en Afrique du Sud.


SAMEDI 21 FÉVRIER, JAPON

À la fête de l'homme nu, quelque 9000 participants s'attroupent à l'intérieur du temple de Saidaiji dans l'attente que des prêtres lancent des talismans, ces objets magiques qui porteraient des vertus occultes attirant des influences bénéfiques. Lors de l'événement, les hommes portent peu de vêtements, habituellement juste un pagne japonais. Getty Images/Trevor Williams


DIMANCHE 22 FÉVRIER, CHINE

Lors des festivités entourant le nouvel an chinois à Yuncheng, des villageois assistent à un combat traditionnel de chiens. Reuters/Stringer


LUNDI 23 FÉVRIER, RUSSIE

Nostalgie postsoviétique. Une femme qui appuie le parti communiste russe montre les portraits des leaders Vladimir Lenine et Joseph Staline durant un défilé marquant le Jour du défenseur de la patrie qui se tenait à Moscou. Reuters/Maxim Zmeyev


MARDI 24 FÉVRIER, BRÉSIL

Des poissons morts flottent à la surface de la baie de Guanabara, à Rio de Janeiro. Le Comité international olympique rencontrait cette semaine les autorités locales afin de s'assurer que l'eau soit sécuritaire pour les olympiens qui participeront aux épreuves de voile lors des Olympiques de 2016. Reuters/Ricardo Moraes


MERCREDI 25 FÉVRIER, AFRIQUE DU SUD

Des curieux observent la scène d'un accident de la route inusité à Johannesburg : un autobus a atterri au pied du pont Queen Elizabeth. Fait étonnant, l'accident n'a fait aucun blessé grave parmi les passagers et le chauffeur s'en est tiré avec des blessures mineures. Getty/AFP/Mujahid Safodien


JEUDI 26 FÉVRIER, BANDE DE GAZA

À Biet Hanoun, des Palestiniens observent une murale représentant un chaton et qui aurait vraisemblablement été peinte par l'artiste urbain britannique Banksy. Reuters/Suhaib Salem


VENDREDI 27 FÉVRIER, AUSTRALIE

Des pilotes acrobatiques en mettent plein la vue aux spectateurs qui sont venus assister à l'un des événements de l'Australian International Airshow. L'événement se tenait à l'aéroport d'Avalon, près de Melbourne. Getty Images/AFP/Paul Crock



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Rand Paul se positionne comme candidat des conservateurs américains pour 2016

Le sénateur Rand Paul est arrivé en tête samedi soir d'un « vote de paille » organisé par des militants conservateurs dans l'État du Maryland, renforçant sa précandidature à la primaire républicaine en vue de l'élection présidentielle de 2016 aux États-Unis.

Le sénateur libertarien du Kentucky a décroché 25,7 % des voix lors de ce scrutin organisé par la Conservative Political Action Conference.

« Les conservateurs de notre parti ont parlé d'une voix forte et claire aujourd'hui », s'est félicité Rand Paul dans un communiqué. « J'envisage de jouer mon rôle et j'espère que vous vous joindrez à moi pour faire du GOP [le Grand Old Party, surnom du Parti républicain] un parti plus grand, un parti meilleur et un parti plus audacieux. »

Il devance le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, dont la performance inattendue (21,4 %) confirme l'émergence récente parmi les candidats plausibles à l'investiture républicaine et l'attrait qu'il exerce auprès d'un électorat conservateur.

Le sénateur du Texas Ted Cruz a pris la troisième place (11,5 %) tandis que Jeb Bush, l'ancien gouverneur de Floride, n'a rallié que 8,3 % des suffrages, un score guère surprenant puisque les 3007 électeurs de la CPAC représentent l'aile conservatrice du Parti républicain quand Bush séduit davantage les modérés. Du reste, l'équipe de Bush a insisté sur le fait qu'il n'avait pas présenté son nom à ce « vote de paille ».

La mini-consultation traditionnelle organisée par la CPAC ne prédit pas à tout coup l'issue des primaires républicaines. Mitt Romney s'y était certes imposé avant de remporter en 2012 la course à l'investiture du Grand Old Party (et de se faire battre par Barack Obama); quatre ans plus tôt en revanche, John McCain n'avait pas séduit les participants de ce « vote de paille », mais il avait porté les couleurs du Parti républicain à la présidentielle, remportée par Obama.


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Tollé après la destruction du patrimoine de l'Irak par les djihadistes

Written By Unknown on Sabtu, 28 Februari 2015 | 16.05

L'UNESCO et la France s'indignent à la suite de la diffusion d'une vidéo montrant la destruction de sculptures préislamiques, en Irak, par des djihadistes.

La vidéo montre des hommes détruisant, à coups de marteaux-piqueurs, des splendeurs archéologiques à Mossoul, deuxième ville d'Irak. Un énorme taureau ailé assyrien de la porte de Nergal fait partie des artéfacts détruits.

Plusieurs statues provenant du site de Hatra - inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO - et conservées au musée de Mossoul, de même que d'autres objets provenant d'autres sites archéologiques de la province de Ninive ont été détruits, selon l'UNESCO.

La ville de Mossoul est sous le contrôle de l'EI depuis juin 2014.

Le président français, François Hollande, a dénoncé une « barbarie », accusant les djihadistes du groupe armé État islamique de vouloir « détruire tout ce qui est humanité ». M. Hollande a rappelé que la France est l'un des principaux contributeurs militaires de la coalition internationale menée par les États-Unis contre l'EI. « Quand on veut anéantir le patrimoine, on veut anéantir tous ceux et toutes celles qui portent un message de culture », a encore observé M. Hollande.

Le premier ministre français, Manuel Valls, a pour sa part écrit sur son compte Twitter, « Les statues détruites méthodiquement à Mossoul : une part de l'esprit humain et de l'universel qui s'écroule », en dénonçant le « totalitarisme » de l'EI.

« En s'en prenant à des chefs-d'oeuvre inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, aux collections d'un très grand musée et aux trésors du patrimoine culturel mondial, c'est la culture, qui unit les hommes et ouvre les esprits, front de résistance et rempart contre l'obscurantisme, que ces terroristes ont voulu atteindre », a déclaré la ministre française de la Culture, Fleur Pellerin, dans un communiqué.

« Je condamne avec la plus grande fermeté ces attaques et en appelle à la mobilisation internationale pour protéger le patrimoine irakien, riche de sa diversité et de son histoire, trésor de notre humanité », y ajoute la ministre.

Des instances islamiques condamnent également la destruction des artéfacts. « Les antiquités et les statues du musée de Mossoul ne sont pas des idoles divines, mais les statues de rois, d'animaux, d'oiseaux », explique un professeur de sciences islamiques à l'Université libanaise, Radwan al-Sayyed. « Et quand bien même il s'agirait de statues de dieux, elles sont dans un musée, et le Coran conseille d'en tirer des leçons [...]. »

L'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, a elle aussi condamné les agissements de l'EI : « Ces antiquités se trouvent dans tous les pays conquis par les musulmans, et les compagnons [du prophète] n'ont pas ordonné leur destruction, ou autorisé ne serait-ce que de s'en approcher ».

Les djihadistes luttent contre « l'idolâtrie »

L'organisation de djihadistes appelle à la destruction de statues, tombeaux et représentations « favorisant l'idolâtrie ». « Fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles pour les peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu », a déclaré face à la caméra un djihadiste dans la vidéo.

« Cette attaque est bien plus qu'une tragédie culturelle, c'est également une question de sécurité, car elle alimente le sectarisme, l'extrémisme violent et le conflit en Irak », a dénoncé la responsable de l'UNESCO Irina Bokova, jeudi, juste après la diffusion de la vidéo de l'EI.

Les destructions perpétrées à Mossoul rappellent celle des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, en 2001 par les talibans.


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« Djihadi John » : les services secrets britanniques sur la sellette

Les services secrets britanniques sont sur la sellette concernant le militant d'origine britannique connu sous le nom « Djihadi John », qui a réussi à se rendre en Syrie malgré des enquêtes en cours sur ses activités terroristes.

L'homme d'une vingtaine d'années était sur le radar des services secrets depuis 2009 en lien avec des allégations de terrorisme en Somalie et dans d'autres pays.

Le militant, qui s'est joint au groupe armé État islamique, a été identifié par les autorités comme étant celui qui apparaît sur les vidéos du groupe extrémiste, sur lesquelles il était montré, exécutant plusieurs otages. Mohammed Emwazi, natif du Koweït, a grandi au Royaume-Uni et il est diplômé en sciences informatiques.

Le premier ministre David Cameron a dû défendre ses agences de sécurité, affirmant qu'elles accomplissaient un « travail incroyable et impressionnant » pour assurer la sécurité au pays. De passage au pays de Galles, il a précisé que ses agents étaient souvent confrontés à des « jugements difficiles » qui sont généralement judicieux.
M. Cameron a indiqué que sa priorité à l'heure actuelle était de retrouver ces assaillants qui commettent des « crimes haineux et odieux ».

Selon l'ancien directeur du Bureau national de lutte contre le terrorisme au pays Chris Philipps, cet événement prouve que les services policiers et de renseignements manquent de ressources pour surveiller le nombre grandissant de suspects.

La veuve d'un travailleur humanitaire britannique exécuté par le groupe armé État islamique a lancé un cri du coeur vendredi pour retrouver le bourreau de son mari afin qu'il soit jugé. « J'espère vraiment qu'on l'attrapera. Je pense que ce serait une bonne leçon pour tout le monde », a affirmé Dragana Haines en entrevue téléphonique avec l'Associated Press.


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