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Baird parmi les manifestants à Kiev

Written By Unknown on Jumat, 06 Desember 2013 | 16.05

Le reportage de Jean-François Bélanger

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, s'est joint aux manifestants à la place de l'Indépendance à Kiev, en Ukraine, jeudi.

L'arrivée du ministre a été annoncée par haut-parleur à la foule qui a réagi avec enthousiasme. Les manifestants se sont mis à crier « félicitations! » et « merci! », rapporte l'envoyé spécial de Radio-Canada Jean-François Bélanger.

Des manifestations déferlent en Ukraine depuis que le gouvernement Ianoukovitch a décidé de suspendre la signature d'une vaste entente commerciale et politique avec l'Union européenne pour resserrer ses liens avec la Russie.

Pour exprimer leur colère, les milliers d'Ukrainiens pro-européens qui refusent un rapprochement avec la Russie au détriment de l'Europe occupent depuis plusieurs jours la place de l'Indépendance, au coeur de Kiev, et bloquent l'accès à des édifices gouvernementaux.

Une intervention musclée des policiers, samedi et dimanche, a décuplé la colère des manifestants face au président Viktor Ianoukovitch et a poussé plusieurs pays occidentaux à déclarer leur soutien aux manifestants.

Le ministre Baird est en Ukraine dans le cadre d'une rencontre de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui était prévue de longue date. Lors de la rencontre, le ministre a fait allusion à la situation politique en cours, déclarant que « les leaders devaient gouverner leur pays selon la volonté du peuple, et non selon leur propre volonté ».

Il a aussi dit que les Canadiens étaient choqués par les images de violences. « Nous nous attendons à mieux de la part de l'Ukraine. »

La veille, le ministre Baird avait aussi déclaré que le Canada entendait aider l'Ukraine à s'engager sur la voie de la démocratie en dépit de son rapprochement avec la Russie et des récentes violences.

La sortie publique du ministre canadien parmi les manifestants, jeudi, a encore contribué à souligner la position canadienne. Les manifestants avec qui Jean-François Bélanger s'est entretenu sur place lui ont expliqué le fait que le ministre canadien leur rende visite représentait un geste fort et que cela signifiait beaucoup pour eux.


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Nelson Mandela est mort

Entrevue avec trois correspondants de Radio-Canada qui ont suivi le parcours de Nelson Mandela

L'un des personnages les plus importants du 20e siècle n'est plus. L'ex-président sud-africain et symbole de la lutte contre la ségrégation raciale, Nelson Mandela, est décédé à l'âge de 95 ans. Le président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, a annoncé la nouvelle jeudi soir, en direct à la télévision.

« Notre nation a perdu son plus grand fils. » — Jacob Zuma

« Nos prières et nos pensées vont à la famille et aux amis de Mandela. Nous avons une dette envers eux. Ils ont sacrifié beaucoup pour que notre peuple soit libéré », a déclaré le président Zuma, ajoutant dans un deuxième temps que ses pensées allaient aussi « à tous ceux, de par le monde, qui ont embrassé Madiba comme s'il était l'un des leurs ».

Le héros de la lutte antiapartheïd aura des funérailles d'État, mais on ne sait pas encore quand elles auront lieu.

Nelson Mandela combattait depuis des années des infections pulmonaires chroniques qui seraient liées à une tuberculose contractée pendant ses 27 années passées en prison. Cet été, il avait été hospitalisé dans un hôpital de Pretoria. Il est décédé jeudi chez lui.

« C'est un moment de très grande tristesse. Mais ce doit aussi être un moment de grande détermination, a déclaré le président sud-africain. Engageons-nous à nous battre, ensemble, pour bâtir une Afrique non raciste, non sexiste, démocratique et prospère. »

Décès de Nelson Mandela

Premier président noir de l'Afrique du Sud et Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela a œuvré toute sa vie pour la libération et l'émancipation des Noirs sud-africains.

« Sa bataille lui a mérité le respect du monde entier. » — Jacob Zuma

Au début des années 1960, après avoir lutté pacifiquement contre l'apartheid, Nelson Mandela et son mouvement décident qu'il est temps d'abandonner les méthodes pacifiques pour se lancer dans la lutte ouverte et armée contre les politiques discriminatoires.

Condamné à la prison à vie en 1964, Nelson Mandela passe plus de 27 années derrière les barreaux, avant d'être libéré en 1990.

Il soutient alors la réconciliation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk, avec qui il partage le prix Nobel de la paix, en 1993.

En 1994, Nelson Mandela devient le premier président noir de l'Afrique du Sud. Cinq ans plus tard, il se retire de la vie politique avant de s'engager dans la lutte contre le VIH/sida, qui a d'ailleurs emporté son fils Makgatho en 2005 et qui tue des dizaines de milliers de Sud-Africains chaque année.

« Nous ne devons jamais oublier notre terrible passé, dont la mémoire ne doit pas nous enchaîner douloureusement, mais plutôt souligner avec joie le chemin que nous avons parcouru et tout ce que nous avons accompli. » - Nelson Mandela, 2004

« Nous avons vu en lui ce que nous cherchons en nous-mêmes. » — Jacob Zuma

L'héritage de Nelson Mandela, un reportage de Sophie Langlois

Des messages de paix et de liberté en héritage

Les témoignages de sympathie n'ont pas tardé à l'étranger. De nombreux chefs d'État ont pris la parole jeudi soir pour souligner la mémoire de cette figure emblématique du XXe siècle. Au Canada, le premier ministre Stephen Harper s'est empressé de déclarer que « tout le Canada pleure Nelson Mandela ».

« Le monde perd l'une des personnes les plus influentes, les plus courageuses et les plus profondément bonnes. » — Barack Obama

En novembre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 18 juillet « Journée internationale Nelson Mandela » en l'honneur de la contribution que l'ex-président sud-africain a apportée à la culture de la paix et de la liberté.

Cette année, à l'occasion du 95e anniversaire de l'ancien président d'Afrique du Sud et afin de commémorer la journée internationale qui lui est consacrée, l'ONU s'est jointe à la Fondation Nelson Mandela pour inviter les citoyens de partout dans le monde à consacrer 67 minutes à aider les autres, un symbole qui rappelle que « pendant 67 ans, Nelson Mandela a mis sa vie au service de l'humanité, en tant qu'avocat spécialiste des droits de l'homme, prisonnier de conscience, architecte international de la paix et premier président démocratiquement élu d'une Afrique du Sud libre », souligne l'ONU.

Il a dit :

« Ce qui compte dans la vie, ce n'est pas le fait d'avoir vécu. C'est la différence qu'on a faite dans la vie des autres qui donne un sens à la vie que nous menons. » [2002]

« Je ne quitterai pas l'Afrique du Sud. Je ne me rendrai pas. La liberté se gagne au prix des épreuves, du sacrifice et de l'action militante. Le combat est ma vie. Je continuerai à me battre pour la liberté jusqu'à la fin de mes jours. » [1961]

[À propos de l'apartheid, en 1990] « Il restera pour toujours cette accusation et ce défi lancés à tous les hommes et à toutes les femmes de conscience : pourquoi a-t-il fallu tant de temps avant que nous disions tous : "Trop, c'est trop?" »

« Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau ou de son passé ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr et, s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer. » [1994]

« Vaincre la pauvreté n'est pas un geste de charité. C'est un acte de justice. » [2006]

« Quand mon dernier jour viendra, je veux que ceux qui resteront disent : "L'homme qui gît ici a fait son devoir envers son pays et son peuple". » [En 1999]

« L'éducation est l'arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde. »

« Lorsqu'un homme n'a pas le droit de vivre la vie en laquelle il croit, il n'a pas le choix que de devenir un hors la loi. »

« Je suis fondamentalement optimiste. Il y a eu de nombreux moments sombres où ma foi en l'humanité a été mise à rude épreuve, mais je n'aurais pas pu et ne pouvaient pas me livrer au désespoir. Cette façon de voir les choses mène à la défaite et à la mort. »

« Cela paraît toujours impossible jusqu'à ce que ce soit fait. »

« Menez les choses de l'arrière et laissez les autres croire qu'ils sont en avant. »

Consultez notre dossier sur Nelson Mandela


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Le monde pleure un grand homme

Les réactions n'ont pas tardé à fuser, aux quatre coins de la planète, à la suite de l'annonce de la mort de Nelson Mandela.

« Je ne peux imaginer ma propre vie sans l'exemple de Nelson Mandela », a déclaré le président américain Barack Obama, lors d'un point de presse à la Maison-Blanche.

« Avec la mort de Mandela, le monde a perdu l'un des êtres humains les plus influents, les plus courageux et les plus sincèrement bons », a ajouté le président.

Mandela : réactions de Barack Obama

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué en Mandela « une source d'inspiration » pour le monde.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré pour sa part qu'« une grande lumière s'est éteinte dans le monde », ajoutant que le drapeau britannique allait être mis en berne devant son bureau à Downing Street.

Le président français, François Hollande, a rendu hommage à « un résistant exceptionnel et un conquérant magnifique. » « Le message de Nelson Mandela ne disparaîtra pas, il continuera d'inspirer les combattants de la liberté et de donner confiance aux peuples dans la défense des causes justes et des droits universels. »

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a déploré le décès de l'ancien président sud-africain dont « l'exemple guidera ceux qui luttent pour la justice sociale et la paix dans le monde. »

La chancelière allemande Angela Merkel a salué la mémoire de Nelson Mandela,  « son nom sera pour toujours associé au combat contre l'oppression de son peuple et à la victoire sur le régime d'apartheid. »

Les explications de Joyce Napier

Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué Nelson Mandela comme « un symbole de la libération du colonialisme et de l'occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté », ajoutant qu'il était le « plus important des hommes qui nous ont soutenus. »

Le dernier président blanc sud-africain, Frederik de Klerk, qui a reçu avec Nelson Mandela le prix Nobel de la paix en 1993, a eu ces mots au réseau CNN. « Je le respectais et je l'ai toujours apprécié en tant qu'homme. C'était une personne magnanime, une personne pleine de compassion », a-t-il dit en ajoutant. « ll était plus grand que je ne l'avais imaginé, une sorte de grande tige. Il regardait les gens dans les yeux, d'une manière très directe, il savait très bien écouter, et on voyait très facilement qu'il avait une approche analytique de la discussion, ce que j'appréciais beaucoup. J'ai vraiment été très impressionné lors de cette première rencontre. »

Frederik de Klerk avait ordonné la libération de Mandela et négocié avec lui la fin du régime de l'apartheid.

Autres réactions :

Le président chinois, Xi Jinping : « Le peuple chinois gardera en mémoire son remarquable apport aux relations sino-sud-africaines et à la cause du genre humain. »

Le dalaï-lama, chef spirituel du Tibel : « Il était un homme de courage, de principe et d'intégrité incontestable. »

Le premier ministre d'Israël, Benyamin Nétanyahou : « Il était le père de son peuple, un homme avec une vision, un combattant de la liberté qui avait rejeté la violence. »

Le président de la Tanzanie, Jakaya Kikwete : « Le monde a perdu l'un de ses plus grands citoyens. »

La chef de l'opposition birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi : « Il nous a fait comprendre à tous que personne ne devrait être pénalisé pour la couleur de sa peau, pour les circonstances dans lesquelles il est né. »

Le président russe Vladimir Poutine : Mandela était un des hommes politiques « les plus éminents de notre époque »

Le président mexicain, Enrique Pena Nieto : « L'humanité a perdu un champion infatigable de la paix, de la liberté et de l'égalité. »

Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe : « Il a accompli une oeuvre majeure dans la construction d'une nation en se focalisant sur la réconciliation du peuple. Il était un grand dirigeant ».

Plusieurs membres de la communauté sportive, dont le légendaire boxeur Muhammad Ali, ont aussi salué la mémoire de Mandela.

Consultez notre dossier sur Nelson Mandela


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L'Afrique du Sud se réveille sans Mandela

Des correspondants à l'étranger se souviennent de Mandela

EN DIRECT - Le jour s'est levé sur une Afrique du Sud en deuil. Nombreux sont ceux qui ont appris la mort du héros de la lutte contre l'apartheid en se levant, vendredi matin, quelques heures après que le président sud-africain eut annoncé la mort du « plus grand fils » de la nation.

Ce décès, attendu depuis plusieurs mois en raison de l'état de santé de Nelson Mandela, fait maintenant place au recueillement et à une vague d'hommages à la mémoire de celui qui a marqué l'histoire de l'Afrique du Sud, et du monde.

Rapidement après l'annonce de sa mort, les chefs d'État de la planète ont salué cet homme exceptionnel. « Le monde a perdu l'un des êtres humains les plus influents, les plus courageux et les plus sincèrement bons », a affirmé le président américain Barack Obama. De son côté, le premier ministre canadien Stephen Harper a souligné l'héritage d'un « grand leader spirituel ».

Durant ce temps, des centaines de Sud-Africains qui ont appris la nouvelle durant la nuit se sont déjà rassemblées devant la maison de Mandela à Johannesburg, où Mandela s'est éteint.

Un monument commémoratif improvisé fait de bougies, du drapeau national et de bouquets de fleurs a été érigé. Un portrait encadré montrant Nelson Mandela souriant a aussi été accroché à un arbre.

L'ambiance est à la joie plutôt qu'à la tristesse. Plusieurs personnes dansent et chantent, certaines se sont couvertes du drapeau sud-africain, d'autres tiennent des chandelles. Ce matin, la foule était encore nombreuse. L'hymne national et des chants antiapartheid retentissent, ponctués de « Vive Mandela ».

« Pour le monde, il était une icône. Pour nous, il était notre leader, notre héros. » — Un Sud-Africain devant la maison de Nelson Mandela

Dans le township de Soweto, haut lieu de la lutte anti-apartheid en banlieue de Johannesburg, la tristesse était toutfois palpable.

« Dans notre culture, les hommes ne pleurent pas, mais j'ai versé une larme la nuit dernière. Il est le père de notre nation. » — Siyabulela Mfazwe, 30 ans

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Vendredi matin, la presse sud-africaine publiaient leurs gros titres en noir en signe de deuil. « Le monde pleure », écrivait le quotidien national The Star, reflètant l'ampleur des réactions internationales et l'hommage unanime au premier président noir d'Afrique du Sud.

Nelson Mandela est mort chez lui, jeudi soir, à l'âge de 95 ans. Il se trouvait dans un état critique depuis plus de cinq mois. Il avait été hospitalisé en juin dernier, après une rechute de son infection pulmonaire, puis il est rentré chez lui le 1er septembre. Il recevait des soins à domicile.

Funérailles nationales

Le président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, a annoncé que les drapeaux seraient mis en berne jusqu'aux funérailles nationales auxquelles Mandela aura droit. La date de la cérémonie, qui devrait se dérouler dans le village natal de Mandela, n'a toutefois pas été précisée.

« L'Afrique du Sud se prépare à recevoir les dirigeants du monde entier qui viendront lui rendre hommage », a de son côté écrit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Clayson Monyela.


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La France pénalisera lesclients de prostituées

Written By Unknown on Kamis, 05 Desember 2013 | 16.05

Les députés français ont adopté mercredi une proposition de loi socialiste qui sanctionne les clients de prostituées d'une amende de 1500 euros (2000 $), plaçant la France dans les pas de la Suède ou de la Norvège, pays précurseurs en la matière.

Ce texte de lutte contre la prostitution, contesté par une partie de l'opinion publique et des « travailleurs du sexe » eux-mêmes, a été approuvé par 268 voix contre 138, avant son examen par le Sénat début 2014. L'Assemblée aura le dernier mot en cas de divergences persistantes avec le Sénat.

Tous les groupes avaient laissé la liberté de vote à leurs députés sur cette proposition de loi qui reprend un engagement de François Hollande soutenu par le gouvernement.

Le groupe socialiste et Front de gauche ont, dans leur immense majorité, voté pour. Les groupes écologistes et des radicaux de gauche ont majoritairement voté contre, de même que l'UMP, les centristes de l'UDI étant les plus divisés.

« Nous pouvons être fiers de ce texte qui met fin à la plus vieille injustice du monde », a dit la socialiste Ségolène Neuville.

Le centriste Charles de Courson s'est dit convaincu, à titre personnel, "qu'il convenait de légiférer" et qu'il fallait donc « agir contre cette forme de violence qu'est la prostitution ».

Le texte prévoit de sanctionner le recours à une prostituée par une contravention punie d'une amende de 1500 euros. En cas de récidive, la sanction devient un délit puni d'une amende de 3750 euros (5000 $).

Délit de racolage supprimé

Le délit de racolage est également supprimé - autre promesse électorale de François Hollande - et une série de mesures visant à améliorer la protection et la réinsertion des personnes prostituées en leur facilitant l'accès à un titre de séjour, à un soutien financier et à un logement ont été adoptées.

Mais les écologistes, qui font partie de la majorité et dont le féminisme fait partie de l'ADN, et une grande partie de l'UMP ont rejeté le texte pour des raisons diverses.

La coprésidente du groupe écologiste, Barbara Pompili, a dénoncé la pénalisation des clients qui, a-t-elle dit, risque « de fragiliser encore plus les personnes prostituées », un argument repris par les syndicats de prostituées.

Pour le radical de gauche Alain Tourret, qui reprenait des propos de la sociologue Élisabeth Badinter, « l'État n'a pas à légiférer sur l'activité sexuelle des individus ».

L'UMP Marie-Louise Fort a regretté la suppression du délit de racolage, une mesure qui avait été réintroduite par la droite en 2003. « Vous n'avez pas su lever nos doutes », a-t-elle dit à l'adresse de la majorité.

Mais 11 UMP ont voté pour, 101 contre et 42 se sont abstenus, dont Christian Jacob, le président du groupe, signe des divisions qui traversent toutes les formations politiques.

Le texte s'inspire des travaux d'une mission d'information parlementaire sur la prostitution qui avait abouti en 2011, sous la précédente législature, au vote à l'unanimité par les députés d'une résolution dénonçant la prostitution.

Selon le rapport de la commission chargée d'examiner ce texte, environ 20 000 personnes se prostituent en France, dont 85 % de femmes, le taux d'étrangères étant passé à 90 %, la plupart venant de Roumanie, de Bulgarie, du Nigeria et de Chine.

Plusieurs pays pénalisent le recours à la prostitution, comme l'Islande, la Norvège et la Suède. D'autres, comme la Grande-Bretagne et la Finlande, pénalisent les clients de prostituées victimes d'exploitation.


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Le Canada parle démocratie en Ukraine

Le reportage de Jean-François Bélanger

Le Canada aidera l'Ukraine à s'engager sur la voie de la démocratie en dépit de son rapprochement avec la Russie et des récentes violences, a annoncé mercredi le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, de passage à Kiev.

Le ministre promet d'envoyer deux douzaines d'observateurs électoraux pour les élections partielles en Ukraine prévues le mois prochain, un an après que le Canada eut dépêché 500 observateurs pour les élections législatives.

« Nous nous sommes engagés à travailler avec les gens de l'Ukraine dans leur développement démocratique et c'est un engagement à long terme », a assuré le ministre Baird aux journalistes dans la capitale de l'Ukraine, théâtre de violentes manifestations depuis plusieurs jours.

Le ministre veut profiter de sa visite en Ukraine pour s'adresser aux autorités et leur faire comprendre que leurs actions « ne sont pas conformes aux normes démocratiques ».

« Nos aspirations pour ce peuple sont la prospérité, la croissance économique et les valeurs de la démocratie, le droit de la personne, le droit d'avoir des manifestations sans violence », a-t-il confié à au correspondant de Radio-Canada en Russie, Jean-François Bélanger.

John Baird est en Ukraine dans le cadre de la réunion annuelle des 57 États membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le Canada, comme les États-Unis, y a le statut d'État associé.

Crise en Ukraine

L'Ukraine est en crise depuis que le président, Viktor Ianoukovitch, a pris la décision vendredi dernier de ne pas signer l'accord d'association et de libre-échange qui était en négociation depuis des mois avec l'Union européenne (UE).

Les forces pro-européennes, dont fait partie l'opposition, manifestent en grand nombre depuis, ce qui a entraîné une répression violente de la part des policiers au cours des derniers jours.

Mercredi, le ministre Baird a rencontré son homologue ukrainien, le ministre Leonid Kozhara, le déconseillant de ne pas signer l'accord. M. Baird lui a demandé d'assurer que les responsables de la violence, en particulier contre les étudiants et journalistes, soient traduits en justice avec un « processus indépendant pour arbitrer » leurs crimes.

John Baird a également rencontré des représentants de la société civile et des dirigeants de l'opposition, comme l'ancien boxeur Vitali Klitschko, qui demande plus que seulement du soutien moral de la part de la communauté internationale.

Le ministre Baird estime toutefois que des sanctions internationales contre le président Ianoukovitch seraient prématurées. Les deux parties doivent s'engager dans un dialogue constructif, a exhorté le ministre.

Les Ukrainiens doivent choisir, dit Kerry

De son côté, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a déclaré mercredi en Moldavie que les Ukrainiens devraient avoir « la possibilité de choisir [leur] avenir », après la suspension par le pouvoir de Kiev de la conclusion de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne.

Dans une apparente référence à la Russie, M. Kerry a critiqué les pressions exercées de l'extérieur sur les processus de décision de certains pays.

« Nous sommes convaincus que tout pays devrait être en mesure de choisir avec qui il veut s'associer, où il veut mener ses activités économiques et de quelle manière il mène ses affaires sans ingérence extérieure, et certainement sans pressions extérieures qui ont un profond impact sur le peuple », a déclaré le secrétaire d'État américain.


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À Bangkok, les opposants se dispersent provisoirement

Des manifestants qui réclament la démission du gouvernement thaïlandais ont brutalement mis fin mercredi à un rassemblement devant le quartier général de la police, mais leur chef de file ait promis la poursuite de la mobilisation malgré les gestes d'apaisement des autorités.

L'armée, responsable de 18 coups d'État en 80 ans, n'est pas intervenue pour le moment et l'état-major, qui parle d'un retour à la normale, a exclu de le faire.

Après plusieurs jours d'affrontements qui ont fait cinq morts, le gouvernement de Yingluck Shinawatra a demandé mardi aux policiers de ne pas s'interposer et de laisser les
manifestants investir les administrations qu'ils assiégeaient.

Le chef de file de la contestation, Suthep Thaugsuban, a indiqué qu'une pause serait observée dans la mobilisation jeudi à l'occasion du 86e anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej, très respecté par les Thaïlandais.

« Nous reprendrons notre combat le 6 décembre. Nous commencerons à l'aube et nous lutterons toute la journée jusqu'à la victoire », a-t-il lancé mardi à ses partisans.

Les manifestants se sont rassemblés mercredi sur le parvis du siège de la police mais n'ont pas pu franchir le cordon de sécurité et se sont dispersés à la mi-journée en scandant « Longue vie au roi ! ».

Le personnel féminin des forces de l'ordre qui avait remplacé les agents anti-émeute avec lesquels les contestataires avaient fraternisé la veille les ont salués de la main. Lundi, les deux camps s'étaient affrontés à coups de grenades lacrymogènes et cocktails Molotov.

« Tout le monde s'accorde sur le fait que les forces armées ne vont pas jouer un rôle directif dans cette situation et qu'il n'y aura pas de coup d'État parce que nous pensons que la tension est en train de s'apaiser et que tout va rentrer dans l'ordre prochainement », a dit l'amiral Narong Pipathanasai après une rencontre avec ses collègues de l'état-major.

L'armée est intervenue en 2006 pour renverser le premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de l'actuelle chef du gouvernement, qui vit en exil depuis cette date.


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Une Chinoise condamnée à une amende exorbitante pour un 2e enfant

Une ouvrière chinoise doit verser au planning familial une amende de 330 000 yuans (54 200 $), soit quatorze années de salaire, pour avoir conçu un deuxième enfant et enfreint la stricte réglementation sur l'enfant unique.

L'affaire doit être entendue par un tribunal de Pékin vendredi mais Liu Fei, âgée de 41 ans, se trouve d'ores et déjà dans une situation impossible.

Ne pouvant payer l'amende qui lui a été infligée en 2011, l'ouvrière qui touche un salaire mensuel de 2000 yuans (330 $) voit son deuxième fils dépourvu d'identité officielle, les services de l'état civil ayant refusé de lui délivrer un livret de famille ou « hukou ».

Aux yeux des autorités, le petit garçon, du prénom de Xiaojie, est considéré comme le troisième enfant de Liu. Celle-ci a déjà eu une petite fille d'un premier mariage et son
second mari est, lui, père d'un petit garçon.

Xiaojie est donc considéré comme un « enfant noir » comme environ 13 millions d'autres enfants n'ayant jamais été officiellement recensés. Dans la culture chinoise, la couleur noire est chargée d'une connotation d'illégalité.

« Lorsque j'ai vu l'amende, j'ai pensé que cela n'était pas possible », a raconté Liu, en pleurs. « Je n'avais pas imaginé que l'amende pouvait être aussi élevée. Si j'avais su, je n'aurais jamais donné naissance » à cet enfant.

En désespoir de cause et cherchant à pouvoir acquitter l'amende, Liu a un moment envisagé de vendre l'un de ses reins. Elle s'est renseignée sur Internet mais certains acquéreurs éventuels lui ont expliqué qu'elle était trop âgée.

Le petit garçon, qui est scolarisé dans une école primaire où il n'a pas eu à présenter son « hukou », a alors proposé lui-même de vendre un de ses reins.

Cette affaire intervient alors que les autorités chinoises envisagent un assouplissement de la stricte politique de l'enfant unique, sans pour autant la remettre totalement en
cause.

Comme l'expliquait Ma Jiantang, directeur du Bureau national de la statitique, les autorités refusent dans la plupart des cas la délivrance d'un livret aux familles ayant un deuxième enfant car ces dernières sont dans l'impossibilité d'acquitter l'amende infligée par le planning familial.

« Sans un hukou, vous ne pouvez pas aller à l'école, vous ne pouvez pas vous engager dans l'armée, passer des examens, vous marier, ouvrir un compte en banque ou prendre l'avion ou le train », a expliqué Yang Zhizhu, ancien professeur de droit à Pékin, qui a perdu son emploi en 2010 pour avoir eu une deuxième fille.

« Sans ce document, vous êtes comme un chiot ou un chaton qui est élevé à la maison », indique Huang Yizhi, l'avocat de Liu.

L'amende, désignée sous le nom de « commission pour le soutien social », est versée au budget de l'État afin de compenser par avance les ressources et les services publics que l'enfant sera amené à utiliser.

En 2012, l'ensemble de ces commissions s'élevait à 16,5 milliards de yuans (2,7 milliards de dollars) et leur affectation exacte demeure relativement obscure, selon un avocat de la province du Zhejiang, dans l'est du pays.

Liu ne se fait guère d'illusion sur ses chances de convaincre la justice lors de l'audience de son affaire. « Si le droit était juste, je pense que le problème serait résolu. Mais
qui d'entre nous croit dans la loi aujourd'hui ? »


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Un tribunal européen se penche sur les prisons secrètes de la CIA

Written By Unknown on Rabu, 04 Desember 2013 | 16.05

Un tribunal européen des droits de la personne s'est penché pour une rare fois, mardi, sur les « prisons secrètes » qui auraient été utilisées par le service américain du renseignement dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

La Cour européenne des droits de l'homme a entendu mardi les avocats de deux hommes actuellement détenus au camp militaire de Guantanamo, à Cuba, et qui accusent la Pologne d'avoir violé leurs droits. Les avocats affirment que leurs clients ont été enlevés par la CIA et torturés dans une prison polonaise reculée.

C'est la première fois que ce tribunal s'intéresse au rôle joué par l'Europe dans ce programme, qui a atteint son zénith sous la présidence de George W. Bush.

En mai 2006, toutes ces prisons étaient fermées. Les interrogatoires en mer sont alors devenus la méthode préférée du gouvernement américain.

Les audiences de mardi concernaient notamment le Saoudien Abd al-Rahim Al-Nashiri, un homme de 48 ans qui aurait orchestré l'attaque contre le navire USS Cole en 2000. Ce bombardement dans un port yéménite a tué 17 matelots et en a blessé 37 autres.

Un autre cas entendu a été celui du Palestinien Abu Zubaydah, un homme de 42 ans détenu à Guantanamo qui n'a jamais été mis en accusation.

Un rapport rendu public en 2009 dévoile que la CIA considère que les deux hommes sont des captifs de très grande valeur, ce qui signifie qu'ils sont détenus sous haute sécurité dans une section secrète de la prison de Guantanamo connue sous le nom de Camp 7.

Les deux suspects affirment avoir été transférés vers la Pologne en décembre 2002. Ils auraient été détenus et questionnés de manière musclée dans les installations militaires de Stare Kiejkuty, un village du nord-est du pays perdu dans une région de forêts et de lacs.

Les hommes auraient été soumis à de fausses exécutions et à des noyades simulées. On les aurait aussi menacés d'enlever et d'agresser sexuellement des membres de leurs familles, a affirmé l'avocat de M. Al-Nashiri, Amrit Singh.

« Ce dossier représente l'opportunité de briser la conspiration du silence » sur la participation de quelques gouvernements européens dans le programme d'extradition de la CIA, a déclaré Me Singh. « Ces actes sont survenus sur le territoire polonais avec l'accord et la connivence des autorités polonaises. »

Le procureur polonais Janusz Sliwa estime que la Pologne devrait pouvoir compléter sa propre enquête avant que le tribunal européen ne se saisisse du dossier. M. Sliwa dirige cette enquête depuis cinq ans.

Les avocats des deux terroristes présumés demandent à la cour de trouver la Pologne coupable d'avoir contrevenu à la Convention européenne des droits de l'homme. Une décision est attendue plus tard.

D'anciens dirigeants de la CIA ont affirmé à l'Associated Press qu'une prison avait été opérée en Pologne de décembre 2002 à l'automne 2003. Des groupes de défense des droits de l'homme croient qu'environ huit présumés terroristes ont été détenus en Pologne, dont celui qui s'est proclamé derrière les attaques du 11 septembre 2001, Khalid Sheikh Mohammed.

L'ancien président Aleksander Kwasniewski et l'ancien premier ministre Meszek Miller, les chefs polonais en poste à cette époque, ont nié l'existence de cette prison.


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Bill Clinton plaide pour des règles plus strictes pour l'écoutede chefs d'États

L'ancien président américain Bill Clinton estime que les pays devraient faire preuve de transparence dans leur manière de recueillir des renseignements. « Je pense qu'il faut des règles très explicites concernant les écoutes de conversations de dirigeants étrangers », a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne américaine Fusion.

Il a reconnu que les documents coulés par l'ancien consultant Edward Snowden de l'Agence de sécurité nationale (NSA), qui ont mis au jour une vaste opération américaine de surveillance électronique de ses alliés comme le Brésil et l'Allemagne, ont nui aux États-Unis.

« Pas seulement en Amérique latine, mais aussi en Europe et en Asie. C'est d'ailleurs intéressant, car dans certains de ces pays, il s'est avéré que certains gouvernements faisaient la même chose, ou que d'autres gouvernements nous en avaient donné la permission », a-t-il dit.

Bill Clinton a ajouté que durant sa présidence, les agences américaines agissaient contre les pays qu'elles croyaient commettre des actes hostiles contre les États-Unis. « Mais, je n'en suis pas certain, nous n'avions pas la capacité à l'époque de faire la plupart de ce qui est fait aujourd'hui », a ajouté l'ex-président.

Plusieurs projets de réforme sur les pratiques de surveillance de la NSA ont été élaborés depuis l'été dernier. Le président Barack Obama s'est dit favorable à un renforcement des mesures de contrôle par le Congrès et la justice.


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