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Égypte: référendum le 15 décembre sur une Constitution contestée

Written By Unknown on Minggu, 02 Desember 2012 | 16.05

En Égypte, le projet de Constitution sera soumis au référendum le 15 décembre prochain, a annoncé le président Mohamed Morsi. Cette nouvelle Constitution doit parachever la transition, 21 mois après la chute d'Hosni Moubarak.

Mais les circonstances de sa rédaction et de son adoption par une Assemblée constituante, dominée par les islamistes, de même que le décret présidentiel élargissant les pouvoirs du chef de l'État, divisent la population.

L'opposition laïque estime que cette Constitution ne protège pas les libertés fondamentales.

Samedi, le président Morsi a appelé à l'ouverture « d'un dialogue national sérieux sur les inquiétudes de la nation, en toute honnêteté et impartialité, pour mettre fin aussi vite que possible à la période de transition et d'une manière qui garantisse la démocratie récemment créée », a-t-il dit.

Une constitution d'inquiétudes

La Constitution maintient les principes de la loi islamique, qui devra être interprétée selon la doctrine sunnite. L'opposition y voit une façon plus rigoriste de traduire la charia. Le projet accorde également à l'État un rôle de « protection de la moralité » et interdit « l'insulte des personnes humaines » et des « prophètes »,.

Le texte stipule également que le chef de l'État ne peut effectuer plus de deux mandats, de quatre ans chacun.

L'opposition continue de manifester

La plupart des délégués non islamistes siégeant à l'Assemblée constituante se sont retirés de cette instance tandis que des manifestations quotidiennes reprenaient au Caire et dans d'autres villes d'Égypte.

Samedi soir, après l'annonce de M. Morsi et tandis que les islamistes manifestaient à leur tour au Caire en soutien au président, Mohamed ElBaradeï, une des personnalités de l'opposition égyptienne, a déclaré que la lutte allait continuer.

Ce projet de constitution, a-t-il ajouté sur son compte Twitter, « sape les libertés fondamentales et viole les valeurs universelles. »

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à deux reprises cette semaine contre le projet. Vendredi, les manifestants ont convergé place Tahrir, alors que d'autres rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses autres villes, notamment à Alexandrie, où des heurts ont opposé les deux camps.


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Un tunnel s'effondre sur une autoroute au Japon

Au Japon, un tunnel autoroutier très fréquenté s'est effondré dimanche matin. Les corps calcinés de plusieurs personnes ont été découverts dans les décombres d'une voiture, ont annoncé les autorités.

Au moins sept personnes étaient toujours portées disparues. On ignore le nombre de victimes de l'incident.

Les opérations de sauvetage des personnes coincées ont été interrompues en raison des risques d'affaissement du reste de la structure.

La télévision publique a aussi indiqué que deux véhicules ont été écrasés par des blocs de béton et un autre a pris feu. Deux personnes ont été blessées et hospitalisées.

Les pompiers ont réussi à éteindre un incendie qui s'étaient déclaré le tunnel quelques heures après l'incident.

L'incident s'est produit tôt dimanche matin dans le tunnel de Sasago, à 80 kilomètres de Tokyo. Long de 4,7 kilomètres, il relie la capitale à l'ouest du pays.


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Attaque à l'aéroport de Jalalabad, en Afghanistan

En Afghanistan, les talibans ont mené une attaque contre l'aéroport de Jalalabad, qui abrite une base aérienne des forces de l'OTAN, dimanche matin. Les affrontements auraient fait 14 morts.

Un porte-parole de la province de Nangarhar, où s'est produite l'attaque, a indiqué que cinq Afghans, dont deux civils, ont perdu la vie. Près d'une vingtaine de personnes auraient été tuées.

Neuf autres victimes seraient des assaillants.

Des tirs et plusieurs explosions ont été entendus par des témoins. Les talibans ont affirmé que deux voitures piégées ont explosé près de l'entrée du terrain, ainsi qu'à l'intérieur de l'enceinte. Trois kamikazes sont parmi les victimes.

Le ministère de la Défense de l'Afghanistan a confirmé que des attentats suicides et des tirs de roquettes avaient eu lieu.

Les hélicoptères de l'OTAN ont répliqué.

L'aérogare est une base aérienne importante de la force de l'OTAN en Afghanistan. Il est contrôlé par les soldats américains.

Les affrontements seraient terminés.

En février dernier, un attentat suicide a fait neuf morts sur la base située sur l'aéroport.


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Koweït: la minorité chiite grande gagnante de l'élection

Au Koweït, les candidats de la minorité chiite ont remporté près d'un tiers des sièges aux élections législatives organisées hier et boycottées par l'opposition.

Les Koweïtiens ont également déserté les urnes. Le taux de participation s'est élevé à moins de 39 %, alors que le pays compte 423 000 électeurs. L'opposition a aussitôt qualifié le nouveau Parlement d'illégitime.

Les chiites, qui forment un tiers de la population, ont remporté 17 des 50 sièges au Parlement alors qu'ils ne disposaient que de sept élus dans la précédente assemblée. Il s'agit pour eux d'un record. Les islamistes sunnites, qui ont largement boycotté le scrutin, ont eux remporté 4 sièges, contre 23 sortants.

Les anciens députés d'opposition ont fait sentir leur décision de ne pas se représenter. En effet, 30 nouveaux élus font leur entrée au parlement.

L'opposition, principalement islamiste, ainsi que les tribus bédouines, protestent contre un changement à la loi électorale. Désormais, les électeurs ne peuvent choisir qu'un candidat, alors qu'ils en choisissaient avant quatre. Les opposants croient que cette méthode favorise l'achat de vote et nuit à la démocratie.

Aussitôt les résultats et le taux de participation, ils ont prévenu qu'ils considéreront toutes décisions prises par le parlement comme illégales.

Il s'agissait des secondes élections tenues cette année dans le petit émirat où quatre législatures ont été dissoutes en six ans en raison de différends entre les députés et le gouvernement.


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Israël approuve 3000 habitations de plus en Cisjordanie

Written By Unknown on Sabtu, 01 Desember 2012 | 16.05

Au lendemain de l'accession des Palestiniens au statut d'État observateur à l'ONU, le gouvernement israélien autorise la construction de 3000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Selon le site Ynet News, cité par l'agence Reuters, ce projet immobilier a été autorisé jeudi par les neuf membres du cabinet de sécurité du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Ce conseil restreint de ministres se réunit régulièrement pour décider de politiques qui sont ensuite soumises à l'approbation officielle du gouvernement israélien.

Selon le quotidien israélien Haaretz, ces 3000 nouvelles maisons sur un territoire chaudement disputé aux Palestiniens font partie d'une « vague de constructions » prévues par Israël, qui revendique Jérusalem comme sa capitale, ce que refusent catégoriquement les Palestiniens, qui habitent majoritairement la partie est de la ville.

Le prix d'une victoire palestinienne aux Nations unies

L'annonce de cette « vague de constructions » dans un territoire aussi sensible pourrait être interprété comme une forme de représailles du gouvernement israélien envers les Palestiniens, qui ont remporté une importante victoire jeudi sur la scène diplomatique internationale.

Citant un haut responsable politique israélien, un journaliste du quotidien Haaretz a écrit sur son compte Twitter que « Nétanyahou a décidé de construire 3000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et dans des colonies de Cisjordanie en réponse à la démarche palestinienne à l'ONU ».

« Malgré les gages qu'il a donnés au président Obama, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a donné l'ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale », poursuit le correspondant diplomatique du quotidien Haaretz.

Le gouvernement d'Israël avait pourtant déclaré à la suite du vote à l'ONU qu'il n'y aurait pas de représailles ni de mesures de rétorsion contre le peuple palestinien.

Selon le négociateur palestinien Saeb Erekat, interrogé par Reuters, ces nouveaux projets de construction illustrent une volonté de « détruire » toute éventualité d'une solution à deux États.

« Alors que les Palestiniens font tout ce qui est possible pour maintenir l'idée d'une solution à deux États, y compris le vote hier aux Nations unies, le gouvernement israélien fait tout ce qui est possible pour la détruire », a déclaré M. Erekat.

L'expansion israélienne dans les quartiers et territoires palestiniens, tout comme la victoire remportée jeudi à l'ONU par Ramallah, risque de paralyser encore un bon moment la reprise des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a condamné vendredi soir le projet israélien de construction de logements dans les colonies.

« Laissez-moi répéter que cette administration - comme les administrations précédentes - a dit très clairement à Israël que ces activités (d'extension des colonies) faisaient reculer la cause d'une paix négociée » entre Israël et les Palestiniens, a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence à Washington en présence de ministres israéliens.

Les discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne autour d'un processus de paix supervisées par les États-Unis ont rapidement avorté en 2010, en raison de la reprise des constructions israéliennes dans les colonies de peuplement de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.


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Égypte : des milliers de manifestants dénoncent le projet de constitution

Moins de 24 heures après l'adoption du projet de constitution par l'Assemblée constituante en Égypte, environ 100 000 personnes ont manifesté pour dénoncer le texte.

Le projet de constitution doit être soumis à un référendum 15 jours après sa validation par le président de la République.

Les articles du projet de constitution ont été adoptés par la majorité islamiste de l'Assemblée (Frères musulmans et salafistes), les élus libéraux et coptes (15 sur 100) ont depuis plusieurs semaines quitté l'instance chargée de rédiger le texte constitutionnel.

Les manifestants qui convergeaient vers l'emblématique place Tahrir scandaient : « La Constitution : annulation » ou « Le peuple veut faire tomber le régime », un slogan qui a été le leitmotiv des manifestants contre le président déchu Hosni Moubarak.

Hamdeen Sabbahi, un des plus importants opposants, qui est arrivé troisième lors de l'élection présidentielle, a pris la parole devant la foule.

« La révolution est de retour. [...] Nous serons victorieux », a-t-il scandé. « Nous sommes unis contre ce régime d'oppression », a-t-il déclaré.

De son côté, l'opposant égyptien Mohamed ElBaradei a fustigé le président Mohamed Morsi et l'Assemblée constituante, estimant qu'ils sont en train de perpétrer « un coup d'État contre la démocratie ».

Une manifestation en appui à cette nouvelle constitution est prévue samedi au Caire.

Le rejet de l'adoption du projet de constitution est venu s'ajouter au rejet du décret qui met le président Mohamed Morsi au-dessus du pouvoir judiciaire. Et tout ça en l'espace d'une semaine.

Après la dénonciation, l'opposition s'interroge maintenant sur l'attitude à prendre. Faut-il boycotter le référendum ou convaincre la population de voter contre le texte constitutionnel.

C'est un pari difficile, car l'opposition sait que les islamistes, tous courants confondus, ont des capacités de mobilisation plus importantes qu'elle.


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Syrie : l'émissaire de l'ONU appelle à l'envoi de Casques bleus

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, a plaidé vendredi devant l'Assemblée générale des Nations unies en faveur de l'envoi de Casques blues pour faire appliquer le cessez-le-feu.

Selon lui, aucun arrêt des violences ne sera respecté par les antagonistes sans la présence de forces de maintien de la paix.

M. Brahimi s'est inspiré essentiellement de l'accord de Genève, préparé par son prédécesseur Kofi Annan.

L'accord de Genève En juillet dernier, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU, la Turquie et la Ligue arabe s'étaient entendus sur une solution politique de la crise syrienne, incluant un gouvernement de transition. Mais quelques jours après, l'accord a été mis de côté, en raison d'une différence d'interprétation sur la place qu'occuperait Bachar Al-Assad dans ledit gouvernement de transition.

Il a précisé que le succès de son plan ne peut avoir lieu sans une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le diplomate algérien a fait part de sa conviction, selon laquelle la solution de la crise syrienne passe par le dialogue politique. Autrement, la Syrie s'effondrerait.

Gouvernement de transition

L'autre point du plan de M. Brahimi est la constitution d'un gouvernement de transition formé par des membres de l'opposition et des membres du régime. Ce gouvernement aura des pouvoirs exécutifs jusqu'aux élections présidentielles, législatives et municipales en 2014.

Le représentant de la Syrie à l'ONU, Bachar Al-Djaafari, a indiqué que son gouvernement appuie totalement la mission de M. Brahimi.

Il a expliqué que son gouvernement était aussi pour un dialogue politique avec toutes les composantes de la société syrienne et qu'il refusait toute solution imposée de l'étranger.

Par ailleurs, M. Brahimi a accueilli favorablement la naissance de la nouvelle Coalition nationale syrienne, qui, selon lui, est un pas positif vers l'unification de l'opposition syrienne.

Sur le terrain

Les forces de sécurité syriennes ont tué vendredi près de 19 Libanais et un Palestinien qui combattaient avec les rebelles syriens.

Le groupe tentait d'entrer dans la ville syrienne de Tal Kalakh, près de la frontière libanaise.

Dans la capitale syrienne, des soldats affrontent toujours des rebelles. Néanmoins, l'arrêt des combats autour de l'aéroport de Damas a permis sa réouverture.

Entre-temps, la coupure des communications téléphoniques et d'Internet se poursuit pour la deuxième journée consécutive.

Les autorités syriennes ont déjà par le passé coupé Internet et les liaisons téléphoniques dans des zones visées par des opérations militaires.


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Les Chinois séropositifs victimes de discrimination dans les hôpitaux

Wang Pinghe veut se faire opérer d'une tumeur au foie avant de risquer d'en mourir, mais ce villageois de 28 ans sait qu'il aura du mal à trouver un hôpital pour l'opérer, puisqu'il est porteur du VIH.

En Chine, de nombreux établissements rejettent les patients séropositifs par crainte d'une contamination ou de ternir leur réputation. Après avoir nié le problème pendant des années, la Chine a amélioré la prise en charge des séropositifs, mais des réticences persistent.

« Dans ma ville, aucun hôpital ne veut opérer des personnes contaminées par le VIH', explique Wang Pinghe, qui a quitté son village du comté de Runan, dans la province du Henan, pour se rendre à Pékin afin d'attirer l'attention sur ce problème en l'évoquant auprès de la presse internationale. « Ce n'est pas la discrimination d'une seule personne, mais d'un pays dans son ensemble', a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Malgré certains progrès, les malades du sida restent stigmatisés en Chine: de façon tout à fait officieuse, l'accès à la fonction publique, par exemple, leur est refusé. Mais de plus en plus de voix s'élèvent pour protester contre ces discriminations.

Un homme est récemment allé jusqu'à falsifier son dossier médical pour dissimuler sa maladie afin de pouvoir être opéré d'un cancer du poumon. Le patient, qui s'est présenté sous le pseudonyme de Xiaofeng, a expliqué aux médias chinois qu'il avait été renvoyé chez lui par deux hôpitaux. Son histoire a suscité de vives critiques, non seulement à l'encontre des deux établissements, mais également contre lui. Il s'est en effet vu reprocher d'avoir exposé le personnel médical à des risques dont ils n'étaient pas informés.

Le futur premier ministre chinois, Li Keqiang, a été contraint de diffuser un communiqué rappelant que les établissements de santé ne doivent pas faire preuve de discrimination à l'encontre des patients séropositifs. Lors d'une réunion lundi avec une dizaine d'associations militantes, il a affirmé que ces abus devaient être réprimées, selon Li Hu, un militant.

Quelques chiffres
  • 780 000 Chinois porteurs du VIH
  • 70 000 nouveaux cas signalés depuis le début de 2012
  • 93 000 nouveaux cas en 2011

Cas nombreux

S'il est interdit en Chine de refuser des soins aux séropositifs, les associations affirment que la discrimination se poursuit, car les sanctions sont minimes. Et de nombreux patients n'ont ni le temps ni les moyens de poursuivre les hôpitaux en justice. Au cours d'entretiens avec des patients, leurs proches et des militants, l'Associated Press a mis au jour une demi-douzaine de cas de discrimination, avec des médecins ayant refusé de les traiter dès la découverte de la maladie.

Dans la province du Henan, un hôpital a refusé d'opérer la femme d'un cultivateur de céréales qui souffrait d'un cancer de l'utérus. Zhu Weidong a raconté qu'il avait dû emmener sa femme, âgée de 45 ans, jusqu'à la capitale provinciale. Entre le voyage et d'autres dépenses, la procédure leur a coûté 40 000 yuans (6500 $ US), une somme qu'ils ont dû emprunter à leurs proches.

Un jeune fonctionnaire de 31 ans de Chongqing, dans le centre du pays, a raconté de façon anonyme que son médecin lui avait conseillé une biopsie du foie, avant de refuser de la pratiquer lui-même lorsque des analyses avaient révélé sa séropositivité. Il a dû patienter un an avant de pouvoir bénéficier à Shanghaï d'un tel examen, qui a révélé que son foie avait perdu la moitié de ses fonctions.

Selon l'Alliance chinoise des personnes vivant avec le VIH, une étude a montré l'an dernier que des cliniques avaient refusé de soigner plusieurs dizaines de patients. Certains en sont morts.


Associated Press


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La Palestine devient État observateur de l'ONU

Written By Unknown on Jumat, 30 November 2012 | 16.05

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution faisant de la Palestine un État observateur non membre de l'ONU par 138 voix pour, 9 voix contre et 41 abstentions.

Juste avant le vote, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a demandé, 65 ans après l'adoption du plan de partage de la Palestine, le statut d'État observateur non membre à l'Organisation des Nations unies (ONU).

Le 29 novembre 1947, l'ONU a adopté le plan de partage de la Palestine historique, qui prévoyait un État juif et un État arabe. À ce jour, le plan onusien n'a pas été réalisé.

Dans son allocution, M. Abbas a exhorté les 193 pays d'offrir à l'État palestinien « un acte de naissance ». Depuis les années 70, les Palestiniens avaient le statut d'« entité » à l'ONU.

« Il y a exactement 65 ans, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 181, qui séparait la terre de la Palestine historique en deux États et qui est devenue l'acte de naissance d'Israël. L'Assemblée générale est sollicitée aujourd'hui pour accorder un acte de naissance de la réalité de l'État de la Palestine », a-t-il déclaré.

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Ron Prosor, qui a succédé à M. Abbas à la tribune a réaffirmé l'hostilité de son pays à la démarche palestinienne.

« Cela ne fait pas progresser la paix. Cela la fait reculer », a-t-il dit.

Après l'annonce du résultat du vote, les télévisions Al-Jazira et Al-Arabiya ont montré les images de milliers de Palestiniens manifester leur joie dans les rues de Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne.

Les États-Unis, qui ont voté contre la résolution, ont estimé par la voix de la secrétaire d'État Hilary Clinton que ce vote est « malheureux et improductif » qui mettra plus d'obstacles sur le chemin de la paix.

Colère d'Israël

Le premier ministre israélien Nétanyahou a, pour sa part, qualifié le discours de Mahmoud Abbas d'« hostile et venimeux ».

« Ce ne sont pas des mots d'un homme qui veut la paix », a-t-il déclaré.

« La décision des Nations unies ne changera rien sur le terrain. Elle ne favorisera pas la création d'un État palestinien. Elle la reportera encore », a estimé le premier ministre israélien.

Le Canada, qui a voté contre la résolution, estime que seule une négociation entre Israël et les Palestiniens peut mener à la création d'un État palestinien.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a rappelé dans son discours les différents épisodes depuis le plan de partage de l'ONU jusqu'à ce jour pour expliquer que le Canada croit aux négociations entre Palestiniens et Israéliens.

Pour le Canada cette démarche unilatérale n'apportera rien aux Palestiniens. Il a aussi invité les deux parties à revenir à la table des négociations.

Les Européens sont divisés sur la question. Environ une douzaine de pays ont annoncé qu'ils allaient voter pour le statut d'État observateur non membre.

Le statut d'État observateur permettra aux Palestiniens de s'adresser à la Cour pénale internationale et porter plainte contre Israël. C'est cette option qui inquiète Israël et ses alliés.

Des responsables palestiniens ont évoqué cette hypothèse si Israël poursuit sa politique de colonisation en Cisjordanie.

Que veut dire État observateur non membre? Des États ou des institutions spécialisées peuvent demander le statut d'État observateur. Aucune disposition de la Charte de l'ONU ne prévoit ce statut. Cependant, au fil des années, ce statut est entré dans l'usage de l'organisation. En 1946, le secrétaire général a accepté que le gouvernement suisse devienne observateur. La Suisse est devenue membre à part entière en 2002.
Plusieurs autres pays ont été membres observateurs avant de devenir membres comme l'Autriche, la Finlande ou le Japon.
Les États observateurs peuvent assister à la plupart des réunions et en consulter la documentation.
Par ailleurs, des organismes régionaux ou internationaux ont ce statut. Ils peuvent assister aux travaux et aux réunions annuelles de l'Assemblée générale. On y retrouve l'Organisation internationale de la Francophonie, l'Union européenne ou la Ligue des États arabes.

Israël et les États-Unis ont brandi la menace de sanctions en cas de vote positif. Le Congrès pourrait ainsi refuser de verser 200 millions de dollars d'aide promis aux Palestiniens. Israël pourrait bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne, réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens, voire abroger les accords de paix d'Oslo de 1993.

Hanane Achraoui, membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a dénoncé un « chantage à l'argent ».

En compensation, la Ligue arabe a promis aux Palestiniens un « filet de sécurité » de 100 millions de dollars par mois.

Pour comprendre le conflit israélo-palestinien.


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Genèse du conflit israélo-palestinien

Du mouvement sioniste aux Intifadas, en passant par la guerre des Six Jours et celle du Kippour, le conflit israélo-palestinien marque l'actualité depuis des décennies. Mais pourquoi le territoire de la Palestine historique est-il le théâtre d'autant de violence?

Les tensions entre Israéliens et Palestiniens s'imbriquent dans un conflit qui tire son origine de la volonté de deux peuples d'occuper un même territoire, aujourd'hui divisé entre l'État d'Israël et les territoires palestiniens (la Cisjordanie et la bande de Gaza).

La Palestine, une région du Moyen-Orient dont les frontières ont été modifiées à de nombreuses reprises au cours de l'histoire, a été habitée par plusieurs peuples depuis la préhistoire, dont les ancêtres des Juifs et des Arabes, qui revendiquent aujourd'hui le droit d'occuper cette terre.

Vers la fin des années 1800, la région de la Palestine est sous l'administration de l'Empire ottoman et habitée par des Arabes. En Europe, des communautés juives victimes de discrimination commencent à exprimer le désir de fonder un État juif en Palestine. Ce mouvement nationaliste prend le nom de « sionisme ».

Lors de la Première Guerre mondiale, les puissances européennes réorganisent les frontières du Moyen-Orient à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman. Tandis que la France gère le territoire de la Syrie et du Liban actuels, la Grande-Bretagne a le contrôle du territoire de la Palestine.

En 1917, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, sans que ce projet porte atteinte aux autres peuples sur ce territoire, en l'occurrence les Arabes. Mais ces derniers sont déjà réfractaires à l'idée que des Juifs viennent s'installer sur le territoire qu'ils habitent.

Au cours des années 1930, la persécution des Juifs en Europe (surtout dans l'Allemagne nazie) entraîne une forte immigration en Palestine. Les Britanniques proposent, en 1937, un premier plan de partage de la Palestine. Grosso modo, les Juifs occuperaient le nord, et les Arabes, le sud. La région de Jérusalem, lieu sacré pour les deux peuples, resterait sous contrôle britannique. Mais ce plan ne fait pas l'unanimité, tout comme les versions subséquentes, qui avortent avec les hostilités de la Seconde Guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, les Nations unies votent un plan de partage de la Palestine entre Juifs et Arabes. Les villes de Jérusalem et Bethléem, qui ont une signification religieuse pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, restent sous contrôle international. Les Juifs acceptent ce plan, tandis que l'ensemble des Arabes le rejettent.

Israël déclare néanmoins son indépendance quelques mois plus tard, en 1948. Les armées d'Égypte, de Transjordanie (ancienne Jordanie), d'Irak, de Syrie et du Liban lancent alors un assaut contre Israël. L'armée israélienne (baptisée Tsahal) repousse les forces arabes et gagne une partie du territoire palestinien. Plus de 700 000 Palestiniens partent en exil, et autant de Juifs s'installent en Israël au cours des années suivantes. Chaque année depuis, les Palestiniens commémorent cet exode qu'ils appellent la « Nakba », ou la catastrophe.

À ce moment, la Cisjordanie est annexée par la Transjordanie - devenue la Jordanie - et la bande de Gaza est placée sous le contrôle militaire de l'Égypte.

Les décennies suivantes seront marquées par des affrontements et des négociations sur l'occupation du territoire historique de la Palestine, auxquels participeront les autres pays de la région.

Aujourd'hui, le conflit israélo-palestinien porte sur plusieurs enjeux, dont la reconnaissance des deux peuples, leur territoire respectif - y compris le statut de la ville sainte de Jérusalem - et le statut de quelque 4 millions de Palestiniens déplacés en raison des conflits.

La chronologie ci-dessous reprend les principaux événements qui jalonnent le conflit israélo-palestinien.


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